Le 15 juin, le bitcoin a grimpé à 65 600 dollars lors de la séance asiatique — son plus haut niveau depuis près de deux semaines. Cette hausse n'a pas eu lieu parce que la cryptomonnaie est devenue un « havre de sécurité », mais pour la raison inverse : la justification d'éviter le risque a disparu.
Ce qui s'est réellement passé
Le 14 juin, le président Trump a confirmé sur les réseaux sociaux un accord antérieur avec l'Iran. Les États-Unis et l'Iran ont convenu de la réouverture du détroit d'Ormuz, de la levée du blocus maritime américain des ports iraniens et de la prolongation du régime de cessez-le-feu pour 60 jours. Le détroit assure entre 20 et 25% du commerce maritime mondial de pétrole.
Le pétrole a chuté de 3%, ce qui réduit la pression inflationniste et diminue les coûts d'entrée dans les transports et la fabrication — c'est-à-dire améliore les macrofondamentaux pour les actifs risqués. Le bitcoin, ainsi que l'éther (+3,7%, à 1 731 dollars), a réagi à ce changement de logique : moins d'inflation → probabilité moindre de « higher for longer » de la part de la Fed → plus grand appétit pour la cryptomonnaie.
« Le marché des cryptomonnaies connaît un rebond brutal sur l'amélioration du risque macroéconomique suite aux nouvelles de l'accord États-Unis-Iran et à l'ouverture attendue du détroit d'Ormuz. Les prix du pétrole plus bas ont atténué les craintes inflationnistes et soutenu les actifs risqués ».
Riaa Segal, analyste chez Delta Exchange
Pourquoi ce n'est pas de l'« or numérique »
Tout au long du conflit, le bitcoin s'est comporté non pas comme de l'or, mais comme une action technologique à volatilité élevée. La corrélation BTC avec l'indice Nasdaq a atteint 0,75 : lorsque les actions technologiques chutent, le bitcoin tend à chuter avec elles. La corrélation entre l'or et le bitcoin est devenue négative lors des dernières escalades, et les divergences de rendement ont atteint plus de 15% sur de courtes périodes.
Les banques centrales ont acheté 863 tonnes d'or en 2025 — et zéro bitcoin. Cela illustre la différence : l'or est une assurance contre la crise d'aujourd'hui, le BTC est un pari sur la dégradation monétaire de demain.
Ce qui est resté hors de l'accord
L'accord est formalisé sous la forme d'un mémorandum d'entente, et non d'un traité de paix complet. Le programme nucléaire iranien reste non résolu, le leadership iranien inchangé, et aucun cadre de sécurité à long terme pour la région n'a été établi. La signature formelle est prévue le 19 juin en Suisse, tandis que les questions techniques — le déminage et l'uranium enrichi — sont renvoyées à des négociations séparées.
- Une fenêtre de 60 jours : c'est la durée du cessez-le-feu — après quoi la situation pourrait revenir à zéro
- La question nucléaire : la cause principale du conflit n'est pas résolue, seulement reportée
- La résistance technique : les analystes identifient le niveau de 65 800 dollars comme la prochaine barrière pour la poursuite de la hausse du BTC
Si, au cours de la fenêtre de 60 jours, les négociations nucléaires arrivent à une impasse et qu'une des parties remet en question le mémorandum — le bitcoin maintiendra-t-il 65 000 dollars, ou chutera-t-il à nouveau avec les actions technologiques ?