Ce qui s'est passé
Le Financial Times rapporte que le gouvernement du Royaume‑Uni a, sans grande annonce, clos prématurément le programme «Guichet commercial unique» — une plateforme numérique destinée à la soumission des documents d’import‑export, qui devait être lancée d'ici 2025. Dans le cadre de contrats avec Deloitte et IBM, le gouvernement a versé environ £110 millions, mais le projet a été suspendu au printemps 2024 et, depuis janvier 2025, il n'a reçu aucun financement.
"Le programme a été 'clos prématurément'."
— Ministère des Finances du Royaume‑Uni
Pourquoi c'est important
Ce n'est pas qu'une erreur financière — il s'agit de l'efficacité des échanges et de la compétitivité des exportateurs. Des spécialistes du commerce interrogés par le FT affirment que l'absence d'un outil numérique unifié complique les procédures et augmente les coûts pour les entreprises.
"Le Royaume‑Uni a dépensé beaucoup d'argent pour le Guichet commercial unique. Le Pakistan a réalisé le sien pour un tiers du prix et commence à interagir avec la Chine."
— Chris Southworth, secrétaire général de la section britannique de la Chambre de commerce internationale
Ce qui a mal tourné
Selon le FT, les raisons tiennent à des dépassements de coûts et à la complexité de la mise en œuvre. Les grands projets informatiques publics font souvent face à des problèmes de gestion des contrats, d'intégration des systèmes et de contrôle des dépenses — et ce cas ne fait pas exception. Quatre consultants en douane ont déclaré ne voir aucun signe d'une reprise rapide du projet.
Conséquences pour les entreprises et la politique
Pour les exportateurs, cela signifie une charge administrative accrue et un risque de ralentissement du traitement des marchandises. Pour le gouvernement, c'est un argument en faveur d'une révision des processus d'achats, d'une plus grande transparence des contrats et d'une remise à plat des approches de transformation numérique.
Conclusion : leçons pour nous
L'exemple britannique est utile pour les pays qui avancent vers la modernisation numérique des frontières. Premièrement, les plateformes numériques doivent être développées progressivement, avec un contrôle clair des coûts et des résultats intermédiaires. Deuxièmement, la transparence des contrats privés et la concurrence entre fournisseurs sont essentielles pour éviter les surcoûts. Les experts s'accordent à dire que la technologie peut significativement réduire les barrières commerciales — mais seulement sous réserve d'une gestion rigoureuse des projets.
Question rhétorique : pourrons‑nous, en Ukraine, tirer parti de cette expérience pour ne pas répéter les mêmes erreurs et rendre nos frontières commerciales plus rapides et moins coûteuses, plutôt que plus chères ?