UniCredit trois ans à naviguer entre sanctions et menaces de nationalisation — et a enfin trouvé un acheteur des EAU

Une banque italienne vend l'essentiel de ses activités russes à un investisseur des Émirats arabes unis et enregistrera des pertes pouvant atteindre 3,3 milliards d'euros — mais conservera une plateforme pour les paiements internationaux, dont ont besoin ses clients européens.

73
Partager :
Фото: unicreditbank.ru

Pendant trois ans, UniCredit est resté l'une des rares grandes banques occidentales en Russie — et pendant trois ans, le directeur général Andrea Orcel a expliqué publiquement pourquoi une sortie n'était pas aussi simple qu'il n'y paraît. L'accord annoncé cette semaine est une réponse à cette question : imparfaite, mais réelle.

Qu'exactement a été convenu

UniCredit a signé une lettre d'intention non contraignante avec un « investisseur privé bien connu » des Émirats arabes unis — selon Bloomberg, il s'agit d'un consortium des sociétés Mada Capital et Asas Capital avec la participation du groupe Inweasta. Selon l'accord, la filiale russe AT « UniCredit Bank » sera divisée : les paiements internationaux et la maintenance des clients corporatifs non-résidents resteront sous le contrôle de la société mère, le reste de l'activité passera à l'acheteur.

L'accord affectera les résultats financiers : selon MarketScreener citant Alliance News, la banque s'attend à une perte de 3 à 3,3 milliards d'euros. Cependant, UniCredit insiste sur le fait que cela n'affectera ni les plans de versement aux actionnaires ni les objectifs de profit à long terme.

Pourquoi la sortie était-elle si difficile

Orcel a parlé à plusieurs reprises du piège dans lequel la banque s'est retrouvée. D'un côté — la pression des régulateurs de la BCE et les exigences en matière de sanctions, dont il a qualifié le respect de « efforts galactiques ». De l'autre — la menace de Moscou.

« La Russie attend une erreur pour obtenir un motif de [nationalisation] »

— Andrea Orcel, PDG d'UniCredit, au forum de surveillance bancaire de la BCE

Selon lui, la conformité totale aux sanctions nécessite des ressources énormes, et personne ne peut être complètement certain d'une observation à cent pour cent. Une erreur aurait pu coûter à la banque 3,8 milliards d'euros de capital — c'est exactement cette évaluation de la valeur de la filiale russe.

L'acheteur des Émirats arabes unis : logique pratique

Le fait que l'acheteur soit une structure des Émirats arabes unis et non pas de Russie ou de l'Occident n'est pas un hasard. Les Émirats sont de facto devenus un nœud de transit entre les économies sanctionnées et non-sanctionnées : le capital russe y est actif, ainsi que les juridictions occidentales. Pour UniCredit, cette solution permet d'éviter un transfert direct de l'activité sous contrôle russe — ce qui aurait pu compliquer les relations avec les régulateurs de l'UE.

En même temps, l'accord reste pour l'instant non contraignant : la lettre d'intention n'est qu'une entente-cadre, le contrat définitif n'a pas encore été signé. La clôture de l'accord est prévue en 2027 — compte tenu de la nécessité d'obtenir l'approbation des régulateurs dans plusieurs juridictions.

Ce qui reste ouvert

UniCredit n'est pas seul : l'autrichien Raiffeisen maintient toujours une présence importante en Russie et subit également la pression de la BCE pour partir. Le précédent de la vente du « résidu de non-résidents » via une structure des Émirats arabes unis pourrait également devenir un modèle pour lui.

Mais la question clé est pratique : si les régulateurs de l'UE ou des États-Unis décident que la préservation même d'une « fenêtre de paiement » minimale en Russie viole l'esprit des sanctions — le schéma d'UniCredit s'effondrera avant 2027. C'est de cette décision que dépend si cet accord deviendra un exemple de sortie maîtrisée ou un autre report.

Actualités mondiales

Affaires

Le Cabinet des ministres a ajouté deux nouveaux parcs industriels au registre — dans les régions de Khmelnytskyï et d'Odessa. Ensemble, ils promettent 650 emplois et plus de 535 millions de hryvnias d'investissements, mais le véritable bilan ne sera dressé non pas lors de l'enregistrement, mais quand la première usine arrêtera sa chaîne de production.

il y a 17 minutes