300 Ukrainiens pour un milliard de Chinois : ce qui se cache derrière la statistique du ministère des Affaires étrangères

Le ministère des Affaires étrangères a dénombré les Ukrainiens en Chine — et ce chiffre en dit plus sur les relations entre les deux pays que n'importe quelle déclaration diplomatique.

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Прапор Китаю (Ілюстративне фото: EPA)

En Ukraine, environ 300 citoyens officiellement enregistrés se trouvent sur le territoire chinois. C'est ce qui ressort des données que le ministère des Affaires étrangères a révélées à l'édition LIGA.net. À titre de comparaison : aux États-Unis, la diaspora ukrainienne compte plus de 150 000 personnes — soit une différence d'environ 500 fois.

Selon le ministre des Affaires étrangères Andrii Sybiga, ce chiffre reflète l'état réel des relations bilatérales : la Chine n'a jamais été une destination de migration massive pour les Ukrainiens, et encore moins depuis 2022.

Mais le nombre de citoyens enregistrés en soi n'est que la pointe de l'iceberg. L'enregistrement consulaire en Ukraine est volontaire, il est donc possible que le nombre réel d'Ukrainiens en Chine soit plus élevé. Exactement combien — le ministère des Affaires étrangères ne le précise pas, car il ne le sait simplement pas.

C'est là qu'émerge un problème pratique : en cas de situation d'urgence — évacuation, arrestations massives, crise juridique — l'État n'a pas de liste complète de ses citoyens sur place. C'est exactement ce qui s'est produit au début de l'invasion à grande échelle, lorsque les Ukrainiens dans différents pays se sont essentiellement auto-organisés, sans attendre les ambassades.

La Chine reste pendant ce temps un point géopolitiquement sensible. Pékin n'a pas officiellement condamné l'agression russe, soutient le commerce avec Moscou et déclare simultanément sa « neutralité ». Pour les citoyens ukrainiens là-bas, cela signifie vivre dans un pays qui ne reconnaît pas publiquement l'occupation des territoires ukrainiens comme étant illégale.

300 enregistrés — ce n'est pas une catastrophe ni une sensation. C'est un indicateur : jusqu'à quel point les deux sociétés sont liées l'une à l'autre au-delà de la rhétorique officielle sur un « partenariat stratégique ».

Si Kyiv et Pékin comptent vraiment sur un rapprochement après la guerre — est-ce possible sans infrastructure de base de confiance entre les peuples, qui n'existe pratiquement pas actuellement ?

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