Jeudi 8 octobre, Volodymyr Zelensky a déclaré aux journalistes que le lendemain, l'équipe ukrainienne rencontrerait aux États-Unis les émissaires spéciaux de Donald Trump, Jared Kushner et Steve Witkoff. Selon lui, Kyrylo Boudanov, Kyslytsia, Arakhamia et Oumerov se rendront sur place du côté ukrainien. Les rencontres sont prévues les 9 et 10 octobre.
L'élément le plus important de cette déclaration est la formulation concernant les Européens. Le président a dit que Kiev « compte sur une équipe européenne » qui se joindra à la fois au groupe ukrainien et au groupe américain. Il s'agit de l'attente de l'une des parties, et non d'une participation confirmée. Dans les informations que nous avons vues, il n'y a ni liste de participants européens, ni indication de leur niveau, ni confirmation de Washington ou des capitales européennes.
Ce qui est déjà établi et ce qui ne l'est pas
- Établi : la composition de la délégation ukrainienne, la date de début, le format de deux jours. Ce sont des faits d'organisation que Kiev maîtrise elle-même.
- Annoncé mais non confirmé : l'arrivée d'une équipe européenne. De cela dépend si la discussion sera bilatérale avec un volet européen parallèle, ou réellement trilatérale.
- Inconnu : ce qui sera considéré comme un résultat. Les médias ukrainiens, citant le président, évoquent la recherche de mesures pour réduire l'intensité des combats. Parmi les options citées figure un cessez-le-feu sectoriel, notamment dans l'énergie et en mer. Kiev ne précise pas lequel est le plus réaliste.
Deux volets dans un seul déplacement
Zelensky a souligné séparément qu'avec les Européens, Kiev parlera d'argent et des moyens de le rendre disponible plus vite, ainsi que de la défense antiaérienne. Il ne s'agit plus de négociations sur un cessez-le-feu, mais d'une discussion sur les ressources. Son mécanisme d'exécution est différent : les décisions de financement et de livraison sont prises par les gouvernements et les parlements, et non dans une salle de négociation aux États-Unis.
Ainsi, l'expression « les Européens se joindront » peut signifier deux choses différentes. La première : des représentants européens siègent à la table lorsque les paramètres d'un éventuel cessez-le-feu sont discutés. La seconde : ils tiennent des rencontres parallèles avec les Ukrainiens en marge. Pour Kiev, la différence est considérable. Dans le premier cas, l'Europe est coautrice des accords et dispose d'outils de contrôle. Dans le second, elle ne fait que recevoir des informations sur le résultat.
Ce qui sera vérifié en premier
Zelensky compte sur le retour de l'équipe à Kiev lundi matin avec un compte rendu. Ce sera le premier test : le compte rendu contiendra-t-il autre chose qu'une liste de rencontres ? Des engagements se reconnaîtraient à des paramètres écrits de tout cessez-le-feu, à une partie désignée pour le surveiller et à une date de début. Sans ces trois éléments, « nous sommes convenus d'en discuter » reste une déclaration.
La question dont la réponse sera connue d'ici quelques jours : après son retour, Kiev nommera-t-elle des participants européens précis et un format sectoriel précis ? Sinon, le principal résultat du déplacement sera très probablement la simple poursuite du dialogue avec Washington.