Les élections suédoises : comment l'extrême droite est devenue une force économique au-delà de la migration

Un angle inattendu de la campagne suédoise de 2022 — les « Démocrates suédois » remportent une victoire non pas avec des slogans contre les migrants, mais avec des promesses d'électricité moins chère et de taxes plus basses sur l'essence.

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Le 13 septembre, les Suédois élisent le parlement, et Reuters enregistre un écart record serré : le bloc d'opposition de Magdalena Andersson dispose de 50,6 % contre 46,9 % dans le camp de droite d'Ulf Kristersson. Mais ce qui est plus intéressant, ce n'est pas qui gagne, mais pourquoi pour la première fois de l'histoire du pays, un parti d'extrême droite peut entrer au gouvernement non pas par la rhétorique migratoire, mais par les prix des services publics.

L'argent, pas les passeports

Les « Démocrates suédois » ont pendant des années construit l'image d'un parti contre l'immigration. Cette fois-ci, ils ont déplacé l'accent sur l'inflation, la hausse des prix de l'électricité et du carburant — des thèmes qui préoccupent chaque ménage suédois indépendamment de ses convictions politiques. C'est une manœuvre pragmatique : l'angoisse économique unit les électeurs plus rapidement que l'idéologie.

Nous sommes devenus une société plus dure, une société plus silencieuse, mais aussi une société plus pauvre, car notre croissance est bien inférieure à notre potentiel, et les ménages voient que leurs salaires achètent de moins en moins

C'est ainsi que Magdalena Andersson décrit les conséquences de quatre ans de gouvernement Kristersson, suggérant que la dureté envers les migrants a coûté à la pays sa dynamique économique.

Union sans fauteuil formel

Kristersson promet d'inclure les « Démocrates suédois » dans la coalition pour la première fois de l'histoire — un parti considéré comme marginal il y a dix ans encore en raison des racines néonazies de ses dirigeants. Maintenant, il pourrait obtenir des portefeuilles ministériels ou du moins définir l'agenda de l'extérieur du gouvernement par le soutien parlementaire.

Nous pouvons réunir les partis, les électeurs et les problèmes pour une action commune. C'est pourquoi nous réussissons

Kristersson formule cela comme une union pragmatique, non comme un compromis idéologique — une manœuvre rhétorique qui lui permet de prendre ses distances avec les positions les plus toxiques du partenaire tout en conservant ses votes.

Ce que cela signifie pour le reste de l'Europe

La Suède a longtemps été l'étalon d'or du modèle social-démocrate et d'une politique migratoire ouverte. Si l'extrême droite entre au gouvernement par un ordre du jour économique plutôt que culturel, ce sera un précédent : les partis de ce type pourraient se normaliser non pas en remportant une victoire sur le libéralisme dans les débats sur les valeurs, mais par leur capacité à proposer une recette plus simple contre l'inflation.

La question pour les prochaines semaines est simple : Kristersson maintiendra-t-il la coalition promise si le résultat s'avère si serré que chaque mandat des « Démocrates suédois » devient un objet de négociation plutôt qu'un soutien automatique.

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