Ce qui s'est passé
Le 24 février, l'ambassade de Russie à Séoul a retiré une bannière portant l'inscription «La victoire sera la nôtre» et a annulé un événement en extérieur consacré à la mémoire des militaires russes, rapporte l'agence Yonhap. Selon l'explication officielle de la représentation diplomatique, la bannière aurait été installée en lien avec deux fêtes : la Journée du personnel diplomatique et la Journée du défenseur de la Patrie.
"Arrêtez Poutine. Arrêtez la guerre."
— Hon Chon Sik, chef de l'organisation de la société civile «Хвальбіндан»
Des manifestations ont eu lieu devant l'ambassade : des militants sud‑coréens et quelques Russes brandissaient des pancartes et scandaient des slogans qui reliaient directement l'affiche à la guerre de la Russie contre l'Ukraine. Selon Yonhap, la veille, le 23 février, Séoul avait exigé que l'ambassade russe retire la bannière.
Pourquoi c'est important
À première vue — une histoire locale sur l'esthétique d'une enseigne. Mais il s'agit d'un problème plus large : des coûts réputationnels et diplomatiques supportés par Moscou à la suite de son agression. La résistance publique dans les capitales démocratiques et les démarches officielles des autorités locales contraignent les représentations diplomatiques à ajuster leurs messages pour éviter des incidents politiques.
Pour l'Ukraine, c'est une petite mais visible victoire sur le plan symbolique : lorsque la société civile et les institutions publiques ont réagi de façon coordonnée, une rhétorique susceptible d'évoquer les opérations militaires est devenue indésirable, même dans des pays tiers.
Et après
Ce cas met en lumière deux tendances : d'une part, la communication diplomatique de la Russie est de plus en plus soumise au contrôle et à la critique locaux ; d'autre part, la sensibilité internationale à l'égard d'une rhétorique liée à la guerre augmente à l'approche d'anniversaires et de dates commémoratives.
La transformation de gestes symboliques similaires en actions politiques cohérentes dépendra de la coordination future des partenaires de l'Ukraine et de la solidité du contrôle citoyen dans les capitales d'Europe et d'Asie.
En bref : la bannière a été retirée après la combinaison de la pression citoyenne et des demandes officielles — c'est un marqueur que la propagande agressive coûte cher sur la scène internationale.