Dans la nuit du 31 juillet 2025, la Russie a utilisé pour la première fois massivement des drones à réaction contre Kyïv. Sur 317 drones et missiles lancés, la défense aérienne en a neutralisé 291. Certains drones à réaction ont réussi à franchir les lignes. Selon 24 Channel, c'est précisément ce type de drone qui est responsable des percées que les intercepteurs ordinaires ne parviennent pas à arrêter.
Pourquoi 600 km/h — c'est une autre catégorie de menace
Le « Shahed-136 » ordinaire vole à une vitesse d'environ 185 km/h — un drone-intercepteur à moteur électrique réussit à le rattraper et à le détruire. La modification à réaction Shahed-238 (connue en Russie sous le nom de « Guelan-3 ») atteint des vitesses de 500–600 km/h et monte jusqu'à 9 km d'altitude. Ce n'est plus une « cible pour intercepteur » — les analystes le décrivent directement comme une missile de croisière au prix d'un drone.
« Ces caractéristiques rendent le Shahed-238 pratiquement inaccessible aussi bien aux groupes mobiles de tir qu'aux drones-intercepteurs à moteurs électriques ».
Analystes, cité par Focus.ua
Un facteur supplémentaire — le fuselage de couleur noire pour réduire la visibilité visuelle la nuit et un bloc avec 16 antennes de navigation par satellite au lieu de quatre sur les versions antérieures. La charge utile — jusqu'à 90 kg.
Ce que le ministère de la Défense a reconnu — et ce qu'il n'a pas dit
Le ministre de la Défense Mykhaïlo Fedorov a écrit sur Telegram que les « Shahed » à réaction constituent le principal défi pour la défense aérienne : le Kremlin augmente la production, et l'Ukraine, avec les fabricants, cherche des solutions technologiques. Cependant, aucune solution spécifique — ni délai, ni type d'armes — n'a été mentionnée.
Parallèlement, Fedorov a annoncé l'expansion du modèle de défense aérienne privée : les entreprises peuvent former leurs propres groupes, recevoir des armements et agir sous la coordination des Forces aériennes. Le premier groupe de ce type fonctionne déjà dans la région de Kharkiv. C'est une expansion de la défense aérienne « légère », qui est efficace contre les drones lents — mais non contre les drones à réaction.
Drones-intercepteurs : statistiques impressionnantes avec une mise en garde
En mars, les drones-intercepteurs ukrainiens ont détruit plus de 33 000 drones russes sans pilote — deux fois plus qu'en février. Le groupe « Nemesis » seul en mars-avril a abattu 60 drones d'attaque de type Shahed. Mais toute cette statistique concerne des cibles subsoniques.
- Contre le Shahed-136/131 (~185 km/h) — les drones-intercepteurs fonctionnent.
- Contre le Shahed-238/« Guelan-3 » (~600 km/h, altitude jusqu'à 9 km) — il n'existe « pratiquement pas » de solutions, selon les analystes.
- La Russie intègre déjà des technologies permettant aux drones à réaction de contourner même les mesures de défense qui existent déjà.
La question du prix : la partie iranienne a initialement demandé 1,4 million de dollars pour un seul Shahed-238. Même si la Russie produit le « Guelan-3 » moins cher — c'est toujours un ordre de grandeur plus coûteux que le « Shahed » ordinaire. Mais si un tel drone franchit la défense aérienne et frappe une sous-station ou une usine — l'économie de l'attaque est justifiée pour la Russie.
Le premier usage au combat confirmé du Shahed-238 contre l'Ukraine a été enregistré au début de 2024 ; les attaques nocturnes massives avec des drones à réaction sont devenues régulières en 2025. C'est-à-dire qu'entre l'apparition de la menace et la reconnaissance publique du problème au niveau ministériel, un an et demi s'est écoulé.
Si l'Ukraine ne reçoit pas ou ne développe pas d'intercepteurs capables de fonctionner à une altitude de 7–9 km avec une vitesse supérieure à 600 km/h, la statistique des drones abattus augmentera — et le pourcentage de percées de précisément ces cibles à réaction aussi.
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