Ce qui s'est passé et pourquoi c'est important
Les statistiques officielles du Centre de santé publique montrent une baisse des cas de VIH enregistrés en Ukraine, passant de 12 212 en 2022 à 8 024 en 2025. À première vue — un progrès notable. Cependant, en 2025, 1 094 personnes sont décédées de maladies liées au VIH/sida. Ces données sont importantes maintenant, car elles façonnent la réalité des programmes de prévention, de traitement et du financement international.
"En 2025, 1094 personnes sont décédées en Ukraine pour des raisons liées à l'infection par le VIH et au sida."
— Centre de santé publique du ministère de la Santé de l'Ukraine (en réponse à une demande de LIGA.net)
Données par année et nuances de l'enregistrement
Les chiffres officiels par année : 2022 — 12 212, 2023 — 11 658, 2024 — 10 038, 2025 — 8 024. Le Centre précise cependant que les enfants dont le diagnostic de VIH est en cours de confirmation ne sont pas inclus dans ces statistiques. Cela signifie qu'une partie des cas peut rester hors des registres officiels jusqu'à la fin du diagnostic.
Foyers régionaux à surveiller
Au 1er janvier 2026, les taux de prévalence les plus élevés (pour 100 000 habitants) ont été enregistrés dans les oblasts de Dnipropetrovsk (901,2), Odesa (773,4), Mykolaïv (694,2) et à Kyiv (527,2). En termes d'incidence en 2025, les leaders sont Dnipropetrovsk (46,4), Odesa (45,6) et Mykolaïv (34,0). Cela signifie que les besoins en dépistage, en thérapie et en accompagnement se concentrent principalement dans ces régions.
Pourquoi le nombre de cas a diminué — plusieurs explications
Les experts soulignent plusieurs raisons simultanées : l'apparition et l'expansion de la thérapie antirétrovirale (TAR) et des programmes de prévention produisent leurs effets ; mais des facteurs liés à la guerre jouent aussi un rôle — migration de la population, accès limité aux services médicaux dans les zones de combat, ainsi qu'une baisse temporaire du volume de tests et d'enregistrement des cas. Autrement dit, une partie de la diminution peut être un réel succès épidémiologique, et une autre partie — un artefact lié aux changements dans le système de santé.
Risques associés : tuberculose et méningite
Le ministère de la Santé a également signalé qu'environ 50 cas de tuberculose du système nerveux sont recensés chaque année en Ukraine. La tuberculose, surtout en association avec le VIH, augmente le risque de forme grave et de décès. Le contrôle des deux maladies doit donc aller de pair — du diagnostic à l'accès au traitement.
Ce que cela signifie pour l'État et les communautés
Ce n'est pas le moment de se complaire : il faut maintenir et étendre les programmes de dépistage, garantir un accès ininterrompu à la TAR, actualiser le suivi dans les régions à forte prévalence et achever le diagnostic des enfants qui ne sont actuellement pas inclus dans les registres. C'est aussi un signal pour les partenaires internationaux : les statistiques évoluent, et les investissements dans les systèmes de santé restent une infrastructure critique pour notre sécurité.
Le travail systématique des soignants, des bénévoles et des programmes porte ses fruits, mais la guerre complique le contrôle de l'épidémie. Il revient désormais aux décideurs politiques et aux bailleurs de fonds — les déclarations doivent se traduire en ressources pour des programmes ciblés dans les régions les plus lourdement affectées.