Explosifs dans des sacs à dos à 300 mètres du gazoduc : qui et pourquoi aurait pu attaquer le Balkan Stream ?

Deux colis explosifs avec des détonateurs ont été trouvés à Kanjiža — à quelques centaines de mètres du gazoduc qui alimente la Serbie et la Hongrie en gaz russe. Vučić évoque « certaines traces », mais ne nomme pas publiquement de suspects.

111
Partager :
Віктор Орбан (Фото: EPA/Olivier Matthys)

Le 5 avril, l'armée serbe et la police ont découvert deux sacs à dos contenant des explosifs et des détonateurs dans la municipalité de Kanjiža, dans le nord de la Serbie — à quelques centaines de mètres du gazoduc Balkan Stream. Le président Aleksandar Vučić a qualifié la puissance de l'engin de telle qu'elle aurait pu « menacer de nombreuses vies humaines et causer des dommages importants au gazoduc ».

Quel est ce gazoduc et pourquoi est-il important

Balkan Stream est la prolongation terrestre de TurkStream, qui transporte du gaz russe à travers la Turquie, la Bulgarie et la Serbie jusqu'en Hongrie. Selon Reuters, la Hongrie importe via la Serbie entre 7,4 et 7,6 milliards de mètres cubes de gaz par an. Les deux pays restent donc fortement dépendants des livraisons d'énergie russes, ce qui les distingue de la plupart des États de l'UE qui réduisent cette dépendance.

Un sabotage réussi, a déclaré Vučić, laisserait la Hongrie et le nord de la Serbie sans gaz en plein milieu de la saison de chauffage printanière. C'est pourquoi Vučić a personnellement appelé Orbán avant même la déclaration publique — le Premier ministre hongrois a immédiatement convoqué une réunion extraordinaire du conseil de défense.

Ce que l'on sait des suspects — et ce que l'on ignore

Il s'agit de la principale lacune dans le tableau public de l'événement. Selon Euronews, Vučić a reconnu l'existence de « certains indices », mais a refusé d'en divulguer les détails. Aucun arrêté n'a été officiellement annoncé, et le président n'a publiquement appuyé aucune hypothèse quant aux auteurs.

« Nos services spéciaux, heureusement, ont bien travaillé »

Aleksandar Vučić, président de la Serbie, 5 avril

Dans ce silence, des médias pro-russes et anti-occidentaux ont déjà inscrit l'incident dans leurs propres récits : RT et plusieurs chaînes Telegram, sans aucune preuve, ont lié l'affaire à la visite de Volodymyr Zelensky à Istanbul la veille. Les responsables serbes et hongrois n'ont pas fait de telles affirmations.

L'incident en contexte : une vague d'attaques contre les infrastructures énergétiques

Kanjiža n'est pas un épisode isolé. Selon CNN, depuis l'automne 2025 l'Europe enregistre une série d'attaques et de tentatives de sabotage contre des infrastructures énergétiques. Vučić lui-même avait renforcé en mars 2025 la protection de la station de compression de Yabori après des incidents suspects dans la région.

Le gazoduc a aussi une dimension turque : Ankara considère Balkan Stream comme un atout stratégique, puisque TurkStream en est la source. Tout dommage porterait atteinte aux intérêts de transit de la Turquie — un facteur que d'éventuels auteurs auraient dû prendre en compte.

  • Ce qui a été trouvé : deux sacs à dos contenant de gros paquets d'explosifs et des détonateurs
  • Où : municipalité de Kanjiža, ~10 km de la frontière hongroise
  • Gazoduc : Balkan Stream, gaz russe → Turquie → Bulgarie → Serbie → Hongrie
  • Suspects : officiellement non identifiés et non nommés publiquement
  • Réaction d'Orbán : réunion extraordinaire du conseil de défense de la Hongrie le jour même

L'enquête vient de commencer, et le vide public autour des suspects est déjà comblé par des récits concurrents — des pro-russes aux anti-occidentaux. Si Belgrade identifie les auteurs et prouve leurs liens avec une structure précise, cela modifiera radicalement le poids géopolitique de l'événement. Sinon, l'incident restera utile à toute partie cherchant à en tirer profit.

Actualités mondiales

Affaires

Le adjoint du directeur du département de la sécurité écologique des Chemins de fer ukrainiens a accepté d'« accélérer » la procédure bureaucratique pour une entreprise d'extraction en Khmelnytskyie — en échange de six zéros en dollars. L'affaire révèle un schéma précis : aux Chemins de fer ukrainiens, il existe des fonctionnaires dont la signature détermine si une entreprise aura accès à sa propre carrière.

il y a 52 minutes