De quoi il s'agit
Bloomberg rapporte qu'une série de capitales européennes mène des pourparlers secrets sur la possibilité de créer leur propre dissuasion nucléaire. Selon l'agence, les discussions se tiennent au niveau des militaires et des responsables gouvernementaux et ont été provoquées par une crise de confiance à l'égard de Washington après la suspension temporaire du partage de renseignements opérationnels avec l'Ukraine au printemps 2025.
"Les résultats ont été instantanés : l'Ukraine a subi des revers sur le champ de bataille, que ses alliés européens ont regardés avec effroi"
— Bloomberg, interlocuteurs familiers du dossier
Qui est au centre des discussions
Actuellement, le potentiel nucléaire en Europe est formellement concentré au Royaume-Uni et en France. On estime que ces deux pays dépensent environ $12 milliards par an pour maintenir leur triade nucléaire et discutent déjà de la coordination de ces forces. Selon des sources, le président français Emmanuel Macron pourrait aborder la question d'une proposition plus claire concernant le parapluie nucléaire lors de la Conférence de Munich sur la sécurité.
Pourquoi cela se produit maintenant
Le déclencheur clé est la perte de confiance opérationnelle au moment critique. Lorsque un partenaire doté d'un fort potentiel nucléaire limite temporairement le partage de renseignements, les alliés réévaluent dans quelle mesure ils peuvent compter sur une garantie de sécurité extérieure. C'est une décision rationnelle du point de vue de la réduction des risques, mais elle a ses limites techniques et politiques.
Ce que disent les institutions partenaires
"Les États-Unis continuent d'étendre leur dissuasion nucléaire à leurs alliés"
— Un porte-parole du ministère de la Défense des États-Unis (commentaire en réponse à une demande de Bloomberg)
Conséquences pour l'Ukraine
Pour nous, la question essentielle n'est pas de savoir si l'Europe constitue une menace, mais si cela renforcera sa capacité à dissuader la Russie et à soutenir l'Ukraine par les moyens habituels. Effets possibles :
• Positif : un renforcement de la coordination des politiques de défense au sein de l'UE/OTAN pourrait accélérer les livraisons d'armes de haute précision, la logistique et le renseignement.
• Négatif : le débat sur l'autonomie nucléaire augmente les risques pour le régime de non-prolifération et peut détourner des ressources d'un soutien urgent à l'Ukraine.
Ce qui est réellement possible
Construire une infrastructure nucléaire complète prend des décennies, des milliards de dollars et des décisions politiques aux conséquences internationales. Des options moins radicales — coordination des arsenaux nucléaires existants, mécanismes élargis de parapluie nucléaire ou accords formels de responsabilité partagée — sont techniquement plus rapides, mais exigent de la volonté politique et de la confiance entre les capitales.
Conclusion
Ces pourparlers sont un indicateur d'un processus plus large : l'Europe veut une sécurité plus prévisible. Pour l'Ukraine, c'est l'occasion d'obtenir de la part des partenaires non seulement des déclarations, mais des mécanismes concrets de protection et une aide rapide sur le champ de bataille. La question reste ouverte : cette inquiétude européenne se traduira-t-elle par des investissements et des garanties réelles qui renforceront notre défense aujourd'hui, et non par des options abstraites pour demain ?