Lorsque la Banque nationale annonce un nouveau paquet de libéralisation des devises, l'attention se porte généralement sur les chiffres : les limites augmentent de deux à quatre fois. Mais derrière ces sèches limites en hryvnia se cache un changement qui concerne non pas les investisseurs fortunés, mais des milliers d'Ukrainiens qui ont quitté le pays et sont toujours forcés de se débrouiller pour payer légalement leur logement loué.
L'essentiel n'est pas la somme, mais la méthode
Jusqu'au 11 août 2026, un Ukrainien louant un appartement à Varsovie ou Berlin n'avait formellement pas de mécanisme légal pratique pour payer directement le propriétaire depuis son compte courant en hryvnia ukrainienne pour le loyer — il devait utiliser de l'argent comptant, les cartes de connaissances ou des schémas complexes. Désormais, dans le cadre de la nouvelle limite de 200 000 hryvnias par mois, il est permis de payer le loyer d'un logement à l'étranger non seulement par carte, mais aussi par virement depuis un compte vers un compte via SWIFT, avec achat préalable de devises par la banque sur instruction du client.
C'est la différence entre « théoriquement possible » et « pratiquement possible » : un virement SWIFT aux coordonnées du propriétaire — c'est ainsi que fonctionne réellement la location de logements en Europe, où la plupart des propriétaires acceptent les virements bancaires plutôt que les cartes d'un pays étranger.
Pourquoi maintenant
La Banque nationale lie l'assouplissement aux réserves accumulées — selon les prévisions mises à jour, elles devraient atteindre près de 70 milliards de dollars en 2026. La logique est simple : plus le marché des devises est stable, moins il y a de raison de maintenir les restrictions introduites comme mesure d'urgence au début de la guerre à grande échelle. Le régulateur souligne que chaque mesure a été analysée séparément pour ne pas créer de pression sur le taux de change de l'hryvnia.
L'assouplissement ne créera pas de risques pour la stabilité du marché des devises compte tenu de la maturité des conditions préalables et de l'analyse minutieuse de chaque mesure individuelle.
L'accent sur l'investissement
Un autre détail qu'il est facile de rater parmi les limites : dans le cadre de 200 000 hryvnias par mois, il est désormais possible d'acheter non seulement des devises, mais aussi des métaux bancaires sans espèces et des titres d'émetteurs étrangers. La Banque nationale énonce clairement que l'objectif est de développer une culture d'investissement. Dans le même temps, le régulateur tente parallèlement de maintenir l'attrait des instruments libellés en hryvnia — dépôts et obligations d'État — afin que la libéralisation ne provoque pas un exode massif des épargnes en hryvnia vers les actifs en devises.
Les entreprises obtiennent de l'air, pas la liberté
Pour les personnes morales, les changements semblent plus généreux sur le papier : la limite des espèces des comptes en hryvnia passe à 200 000 hryvnias par jour, les règlements par cartes d'entreprise à l'étranger — à 400 000 par mois. Mais cela élève le plafond des dépenses d'exploitation sans supprimer le contrôle des opérations de capital ou de sortie de bénéfices — ce périmètre de restrictions reste intact.
Un point séparé intéressant pour les exportateurs : il est désormais permis de payer des amendes et des indemnités aux contreparties non-résidentes, mais pas plus de 10 % de la valeur des biens livrés après le 23 février 2021. C'est plutôt un signal de confiance envers les entreprises ukrainiennes sur les marchés externes qu'une libéralisation à grande échelle — le montant est symbolique comparé aux volumes des contrats d'exportation.
Ce qu'il faut vérifier dès maintenant
Le secteur bancaire recevra le changement le plus différé — la possibilité de mieux tenir compte des réserves pour les opérations actives lors du calcul de la position en devises n'entrera en vigueur que le 1er septembre, un mois après le reste du paquet. La Banque nationale explique cela par la nécessité de préparation technique des deux côtés.
Pour l'utilisateur ordinaire, la question principale est pratique : les banques mettront-elles à jour leurs applications et instructions avant le 11 août afin que le virement SWIFT pour le loyer passe vraiment sans approbations manuelles supplémentaires, ou cette nouvelle possibilité existera-t-elle encore quelques mois uniquement sur le papier de l'acte réglementaire ?