Un robot installe des panneaux solaires deux fois plus vite qu'un humain — et ce n'est plus une expérience

AES Corporation a déployé le robot Maximo sur des sites réels en Californie. 100 MW ont été installés. La question n'est plus de savoir si la technologie fonctionne — mais ce qu'il advient d'un secteur qui repose sur une main-d'œuvre peu coûteuse.

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Робот Maximo ( Фото: AES Corporation)

Deux opérateurs, un robot — et le rythme d'installation des panneaux solaires double. Ce n'est pas un projet pilote en laboratoire. Ce sont déjà des centrales mises en service d'une puissance totale de 100 MW en Californie.

La société énergétique américaine AES Corporation a créé le robot Maximo avec Nvidia et Amazon Web Services. Le système installe plus d'un module photovoltaïque par minute, est compatible avec différents types de panneaux et peut être déployé en plusieurs exemplaires sur un même chantier. Selon AES, le temps total d'exécution des travaux est réduit d'environ 50 %.

Un détail important que la société souligne séparément : Maximo ne remplace pas les personnes sur le chantier — il modifie leur rôle. Au lieu de soulever et de fixer physiquement les panneaux, deux opérateurs pilotent le robot et supervisent le processus. C'est un passage de la force physique à la surveillance.

Nvidia assure la simulation et la vérification du comportement du système avant même le déploiement sur site — autrement dit, le robot « répète » l'installation dans un environnement numérique avant de toucher un panneau réel. AWS est responsable de l'infrastructure cloud et du traitement des données sur le terrain.

Le contexte est important : le secteur solaire aux États-Unis croît sous la pression des subventions fédérales depuis l'Inflation Reduction Act, mais il est en même temps confronté à une pénurie d'installateurs. Selon les prévisions, d'ici 2030 le secteur aura besoin de centaines de milliers de travailleurs supplémentaires. Maximo apparaît précisément dans ce fossé entre la demande d'installations et la disponibilité de la main-d'œuvre.

Parallèlement surgit une question que l'industrie évite pour l'instant : si la productivité de l'installation double et que le nombre d'opérateurs diminue — que devient la rémunération de ceux qui restent ? L'efficacité pour l'entreprise et l'avantage pour le travailleur ne sont pas la même chose.

AES prévoit de généraliser le déploiement de Maximo. Les prochains sites n'ont pas été divulgués publiquement.

Si la technologie permet réellement de construire des centrales solaires deux fois plus vite avec une équipe réduite — cela accélère la transition énergétique. Mais la régulation du marché du travail saura-t-elle suivre le rythme que fixe l'agenda climatique lui-même ?

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