Les essaims de drones-kamikazes LUCAS pensent sans opérateur : les États-Unis enseignent à Shahed de se battre contre lui-même

Le Pentagone a signé un contrat avec Shield AI pour intégrer le système d'IA Hivemind dans les drones LUCAS — une réplique inversée du Shahed-136 iranien coûtant 35 000 dollars l'unité. Un seul opérateur commandera un essaim fonctionnant de manière autonome même en cas de brouillage radio.

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LUCAS (Фото: Shield AI)

Le Pentagone a choisi la société Shield AI pour intégrer le système de commande autonome Hivemind dans les drones-kamikazes LUCAS (Low-Cost Uncrewed Combat Attack System) — la version américaine du Shahed-136 iranien, déjà utilisé au combat. L'entreprise a annoncé le contrat le 20 mai 2026.

35 000 dollars contre 2,5 millions

LUCAS est un drone d'environ trois mètres de long équipé d'une charge militaire explosive qui se déclenche à l'impact. Son coût — environ 35 000 dollars — est 70 fois moins cher qu'un missile de croisière Tomahawk. La plateforme a été développée par le sous-traitant SpektreWorks, basé en Arizona, sur la base de son propre drone d'entraînement FLM-136, analogue direct du Shahed. L'autonomie de vol atteint 800 km, la navigation est autonome ; les analystes supposent l'utilisation de Starshield, la version militaire de Starlink.

CENTCOM a déployé le premier groupe de frappe basé sur LUCAS — Task Force Scorpion Strike — en décembre 2025. Le premier emploi au combat confirmé s'est déroulé en février 2026 lors d'opérations contre des cibles iraniennes. Le commandant de CENTCOM, l'amiral Cooper, a qualifié l'arme d'« indispensable », s'abstenant de donner des détails.

Ce que change Hivemind

Jusqu'à présent, LUCAS pouvait voler de manière autonome selon une trajectoire définie. Hivemind représente un autre niveau : le système reconstruit dynamiquement la trajectoire, réagit aux obstacles et coordonne les actions de plusieurs drones entre eux en temps réel.

« Hivemind permettra aux drones de percevoir, décider et agir de manière autonome, sans intervention humaine » — tandis qu'un seul opérateur commande l'essaim comme un système unique.

Shield AI, communiqué de presse du 20 mai 2026

Comme le note DefenseScoop, l'avantage clé est la capacité de l'essaim à fonctionner dans un environnement de guerre électronique, où les communications standard sont brouillées. Hivemind ne nécessite pas un canal constant avec l'opérateur pour accomplir la mission.

Contexte : ni le premier ni l'unique

LUCAS n'est pas la première plateforme utilisant Hivemind. Selon Breaking Defense, le système est déjà intégré ou en test sur :

  • Anduril YFQ-44A — dans le cadre du programme Collaborative Combat Aircraft (CCA) de l'US Air Force
  • l'avion d'entraînement de la Marine BQM-177
  • l'hélicoptère Airbus UH-72B Lakota
  • la plateforme Destinus Hornet

Le contrat correspond à une initiative plus large du ministre de la Défense Pete Hegseth, Drone Dominance — une politique de production massive et d'autonomisation des drones. Dans le budget 2027, le groupe de recherche Defense Autonomous Warfare Group a reçu un financement considérablement augmenté.

Shield AI prévoit de démontrer les capacités d'essaim à l'automne 2026 — les délais sont confirmés, mais le lieu spécifique et le scénario ne sont pas révélés.

Une question fondamentale reste sans réponse : Hivemind permet au drone de « décider et agir sans intervention humaine » — mais la décision concernant la cible reste-t-elle à l'opérateur ou à l'algorithme, si la liaison est interrompue dans la zone de frappe ?

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