Lorsqu'Apple annonce « la confidentialité par défaut », cela semble être un avantage. Mais le contexte change la perspective : la société vient de verser 95 millions de dollars pour un procès qui affirmait que Siri enregistrait les conversations privées depuis des années sans le consentement des utilisateurs et transmettait les données à des tiers. La suppression automatique des conversations n'est pas seulement une fonctionnalité. C'est aussi une réponse publique à la confiance que la société elle-même a sapée.
Trois options — et aucune n'est « désactiver l'enregistrement »
Selon les données de Bloomberg, rapportées par le journaliste Mark Gurman, la nouvelle application Siri proposera trois paramètres de conservation de l'historique des conversations : 30 jours, 1 an ou indéfiniment. La mécanique est copiée sur l'application Messages — cette option existe là depuis plusieurs années. Séparément, l'utilisateur pourra choisir si Siri se lance avec le contexte de la conversation précédente.
La position de principe d'Apple, selon Gurman : la protection de la confidentialité doit être intégrée au système, et non être un « mode incognito » séparé qu'il faut consciemment activer. C'est une attaque directe contre ChatGPT, où la fonction Temporary Chat existe — mais en tant qu'option, et non en tant que standard.
« Si cette approche fonctionne, Apple aura un nouvel argument dans le domaine de la confidentialité — et une excuse pratique si le logiciel fonctionne moins bien que ses concurrents »
Mark Gurman, Bloomberg
Siri sort de la version bêta sur l'étiquette
À la WWDC 2026, qui aura lieu en juin, Apple prévoit de présenter Siri en tant qu'application distincte avec une interface conversationnelle similaire à ChatGPT. Mais, selon Bloomberg, le produit sortira avec le label bêta — de la même manière que l'Apple Intelligence en 2024. Ce n'est pas un détail technique : l'étiquette bêta dégage Apple de ses obligations envers les utilisateurs tandis que les fonctionnalités « rattrapent » encore les concurrents.
Apple a d'abord promis un Siri « intelligent » lors de la WWDC 2024. La plupart de ces promesses n'ont pas encore été tenues. La société se prépare maintenant à répéter l'annonce — avec le support des modèles Google Gemini et une couche d'intégration ouverte pour les autres fournisseurs d'IA.
Pourquoi c'est important au-delà d'Apple
- Les historiques de conversation des assistants ont déjà été utilisés dans les affaires criminelles et les procès civils aux États-Unis — la suppression automatique réduit directement ce risque pour les utilisateurs.
- Apple établit une norme : si un acteur majeur rend la suppression par défaut, la pression sur OpenAI, Google et Microsoft augmente.
- En même temps, aucun de ces modes ne signifie que les données ne sont pas stockées sur les serveurs d'Apple jusqu'au moment de la suppression — et la société ne l'a pas expliqué publiquement.
Si Apple lance réellement Siri avec une véritable suppression au niveau du serveur — et non seulement avec une interface sans accès aux journaux — cela changera la norme de l'industrie. Mais pour l'instant, il n'y a pas de description technique publiée de l'endroit et de la manière où les données sont stockées entre la conversation et la suppression : la WWDC 2026 sera-t-elle le moment où Apple l'expliquera publiquement, ou laissera-t-elle à nouveau la question ouverte ?