En bref
Le Cabinet des ministres a proposé un programme pilote pour Kyiv : l'État financera l'achat et l'installation de batteries, d'onduleurs et de générateurs pour les immeubles collectifs, tandis que les habitants prendront en charge les coûts du carburant, de l'entretien et des réparations. La participation est volontaire et nécessite l'accord des copropriétaires.
Mécanique du projet
Selon le décret gouvernemental, l'administration d'État de la ville de Kyiv doit, dans un délai de 30 jours, établir la liste des immeubles répondant aux critères et déterminer le montant du financement. Ensuite, le gouvernement prendra une décision distincte pour l'allocation des fonds. Le pilote sera mis en œuvre comme une expérience, avec une éventuelle extension à d'autres villes.
« L'État financera l'achat et l'installation de l'équipement si les copropriétaires assument les frais d'exploitation. »
— Юлія Свириденко, la première ministre
Pourquoi cette mesure apparaît maintenant
L'hiver dernier, l'Ukraine a traversé l'une de ses crises énergétiques les plus sévères : des frappes massives sur les infrastructures ont provoqué de longues coupures de courant, la disparition du chauffage et la fermeture des écoles. À Kyiv, la température est descendue jusqu'à -25 °C, et plusieurs centrales thermiques ont subi des dommages critiques — en particulier Дарницька ТЕЦ-4 a été mise hors service après une frappe le 3 février, et ТЕЦ-5 et ТЕЦ-6 ont également subi de graves dégâts (pour plus de détails, voir le reportage LIGA.net).
En réponse, les villes ont soumis des « plans de résilience » d'un coût total d'environ 278 milliards de hryvnias. La proposition du Cabinet est l'une des réponses rapides visant à décentraliser l'alimentation de secours et à assurer les services de base des immeubles en cas d'incidents.
Ce que cela apporte et les écueils
Les avantages sont évidents : rétablissement plus rapide des services résidentiels pendant les coupures, réduction des risques pour les groupes vulnérables et maintien en fonctionnement des ascenseurs et des systèmes techniques. Mais plusieurs interrogations subsistent :
- Charge financière pour les habitants. Le carburant et l'entretien peuvent représenter une dépense importante pour les ОСББ (associations de copropriétaires) et les résidents.
- Justice sociale. Qu'en est-il des familles nombreuses, des retraités ou des quartiers défavorisés — des compensations sont-elles prévues ?
- Normes et sécurité. Des règles d'exploitation claires et des responsabilités pour l'état technique sont nécessaires afin d'éviter que les générateurs ne deviennent des causes d'accidents ou d'incendies.
« Le pilote est une mesure courte et sensée pour renforcer la résilience, mais son succès dépendra d'un modèle financier clair et de mécanismes de protection sociale. »
— des analystes du secteur de l'énergie
Et ensuite
La balle est désormais dans le camp des autorités locales et des copropriétaires : accepteront-ils d'assumer l'exploitation, et le gouvernement soutiendra‑t‑il la transformation du pilote en une politique systémique de résilience ? Cette décision combine la responsabilité de l'État pour l'équipement et la réponse civique sous la forme du soutien au logement — un test de la capacité de la société et des autorités à se préparer aux nouveaux défis.
Si le pilote fonctionne, il pourrait devenir une composante d'une stratégie plus large — du réserve décentralisée à des solutions complètes protégeant la vie quotidienne des citoyens, même sous les bombardements.