La ministre de l'Énergie de la Serbie, Dubravka Djedović Handanović, s'est rencontrée à Saint-Pétersbourg avec le président de Gazprom, Alexei Miller, et a confirmé : l'approvisionnement en gaz se poursuivra jusqu'à la fin septembre. Pour Belgrade, ce n'est pas une victoire aux négociations — c'est un autre correctif temporaire au lieu d'une solution systémique.
Ce qui a été réellement signé
Le nouvel avenant — n'est pas un contrat complet, mais une simple prolongation courte du traité pluriannuel existant, qui aurait dû se terminer le 31 mai. Selon The Moscow Times, déjà en mai, Gazprom a accepté de prolonger les livraisons pour quatre mois — jusqu'à la fin septembre — avec un volume quotidien de 6,1 millions de mètres cubes. Le prix est fixé à 290 euros pour 1000 mètres cubes : en dessous de la moyenne européenne (~360 euros), mais au-dessus des 275 dollars du précédent contrat triennal.
En parallèle, une expansion du stockage souterrain de gaz « Banats Dvur » a été discutée — de 450 à 750 millions de mètres cubes. C'est un geste infrastructurel vers un attachement plus long, mais sans délais publics ni engagements.
Pourquoi un accord à long terme n'existe toujours pas
Les négociations sur un nouveau contrat pluriannuel se poursuivent depuis le début de 2025 — et jusque-là sans résultat. Selon CEE Energy News, depuis mai, la Serbie tente de conclure un accord à long terme, mais ne reçoit chaque fois que des avenants trimestriels. Au moins trois facteurs compliquent la situation.
- Sanctions américaines contre NIS. Les sanctions américaines, entrées pleinement en vigueur en octobre 2025, frappent Naftna Industrija Srbije — la compagnie pétrolière où Gazprom contrôle 56% des actions. La Serbie mène des négociations pour vendre ce paquet, afin d'échapper à la pression des sanctions.
- Pression de l'UE. Selon Balkan Insight, la Commission européenne promeut l'interdiction d'importer du gaz russe dans le cadre de REPowerEU — ce qui rend tout contrat à long terme avec Gazprom potentiellement incompatible avec le cours d'intégration européenne de Belgrade.
- Levier de Moscou. Selon le président serbe Aleksandar Vučić, la Russie propose délibérément uniquement des prolongations courtes — pour empêcher la nationalisation serbe de NIS et conserver un levier d'influence sur Belgrade.
Dépendance sans alternative
« Nous payons 270 euros pour 1000 mètres cubes, alors que le prix à la bourse ce matin était 350 ».
Dušan Bajatović, directeur général de Srbijagas, mars 2025
La Serbie couvre seulement 10% de sa consommation de gaz avec sa propre production. L'importation d'Azerbaïdjan à court terme ne peut remplacer les volumes russes — Bajatović le reconnaît ouvertement dans ses commentaires au radiodiffuseur d'État RTS. Autrement dit, la position de négociation de Belgrade est faible non pas en raison d'erreurs diplomatiques, mais en raison d'une dépendance structurelle.
Le schéma « avenant trimestriel → nouvelles négociations → avenant trimestriel » se reproduit déjà pour la deuxième fois consécutive en 2025 — et chaque fois sans mécanisme public de contrôle ni conditions claires pour la transition vers un contrat à long terme.
Si d'ici la fin septembre la Serbie ne signe pas un contrat complet, la question cessera d'être diplomatique : Belgrade est-elle prête à faire des concessions réelles concernant NIS — ou recevra-t-elle simplement un quatrième avenant temporaire d'affilée et reportera-t-elle le choix encore un trimestre?