En mai 2026, Kyiv a retrouvé son statut de ville la plus chère pour les locataires. Selon les données de la plateforme Dim.ria, le loyer moyen d'un appartement d'une chambre dans la capitale a atteint 26 000 hrn — soit 13% de plus qu'en avril. Un mois plus tôt, c'était Ouzhhorod qui détenait ce record.
Pourquoi Kyiv a « chuté », puis a remonté
À la fin de 2025, le marché locatif de la capitale s'est pratiquement effondré : les bombardements massifs et l'effondrement des services publics ont forcé une partie des Kyiviens à partir. La demande a baissé — et avec elle, les prix. Parallèlement, Ouzhhorod, qui accueillait depuis des années des déplacés de l'est et du sud, a commencé à attirer aussi les Kyiviens eux-mêmes. Résultat — la Transcarpathie au sommet du classement des villes chères au lieu de la capitale.
Au printemps 2026, le balancier a basculé dans l'autre sens. Ouzhhorod a quelque peu « refroidi » : le prix d'une chambre y a baissé à 22 500 hrn. Kyiv — a repris sa croissance. Ce cycle illustre la mécanique simple du marché immobilier en temps de guerre : la situation de sécurité gouverne les prix plus fortement que n'importe quelle loi économique.
« Le marché immobilier dans les villes de première ligne ne respecte plus les lois économiques classiques. La situation de sécurité est devenue le principal facteur »
Finance.ua, mars 2026
L'anomalie de mai : région de Sumy +165%
Le chiffre le plus intéressant de mai n'est pas celui de Kyiv. La région de Sumy a enregistré une augmentation des loyers de 165% en un seul mois : le loyer moyen d'un appartement d'une chambre a atteint 14 600 hrn. Ce n'est pas une tendance du marché — c'est un effet statistique d'une faible base et d'une forte augmentation soudaine de la demande à un moment donné. De tels sauts signifient généralement une chose : une nouvelle vague de personnes est arrivée dans la région et a besoin d'un logement immédiatement, sans négociation.
Un tableau similaire, bien que moins dramatique — dans la région d'Ivano-Frankivsk (+63% d'intérêt pour la location) et Lviv (+22%). L'ouest continue d'attirer les personnes déplacées à l'intérieur du pays.
Où en Ukraine c'est le moins cher — et pourquoi ce n'est pas une raison de partir
Les loyers les plus bas en Ukraine — dans les régions de Tchernihiv et de Zaporizhzhia : un appartement d'une chambre coûte en moyenne 6 000 hrn par mois. Mais ce bon marché est ici la fonction directe du danger et de l'exode de la population, et non de l'offre du marché.
- Kyiv : 26 000 hrn (+13% par mois), district de Petchersk — jusqu'à 35 000 hrn
- Transcarpathie : 22 500 hrn (légère baisse après le pic d'avril)
- Région de Sumy : 14 600 hrn (+165% — un saut anormal)
- Régions de Tchernihiv et de Zaporizhzhia : 6 000 hrn (minimum du pays)
Ce qu'il y a derrière les chiffres
Le bond kyivien n'est pas un signal de stabilité. C'est une reprise après une chute, alimentée par le retour printanier de certains résidents et par le manque de nouveaux objets sur le marché. Le coût de construction en Ukraine en 2025 a augmenté de 10–25% selon la classe de logement, les nouveaux projets sont peu nombreux — et à court terme, l'offre ne parviendra pas à suivre la demande.
Si la situation de sécurité dans la capitale ne s'aggrave pas d'ici à la fin de l'été — les prix continueront à augmenter modérément. Mais si le scénario de l'automne 2025 avec des frappes massives sur les infrastructures se répète, le marché s'effondrera à nouveau en quelques semaines : l'expérience existe déjà.