Réparation de l'arche du Nouveau Confinement à la centrale de Tchernobyl : 500 millions d'euros — cinq fois plus cher, le risque de corrosion menace l'Europe tout entière

La BERD estime à 500 millions d'euros la restauration du Nouveau confinement sécurisé — soit trois à cinq fois plus que les estimations précédentes. Si l'étanchéité n'est pas rétablie, la corrosion commencera dans quatre ans et pourrait transformer un problème local en une menace continentale.

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Фото: Міністерство захисту довкілля та природних ресурсів

Ce qui s'est passé et pourquoi c'est important

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a publié une estimation du coût des réparations de l'arche du Nouveau Confinement Sûr (NCS) au‑dessus du quatrième réacteur de la centrale de Tchernobyl — 500 millions d'euros. Cela représente environ cinq fois plus que les montants avancés auparavant par le ministère des Finances ukrainien. L'estimation concerne la restauration des éléments endommagés de l'enveloppe après l'impact d'un drone de frappe russe le 14 février 2025.

Faits clés

Le coup a créé une brèche d'environ 15 m² dans l'enveloppe intérieure et extérieure de l'arche. La structure a perdu son étanchéité et ne peut plus garantir le maintien d'une humidité inférieure à 40 %. Selon les estimations des ingénieurs, sans réparations complètes la corrosion du métal commencera dans environ 4 ans, ce qui compliquera fortement la maintenance ultérieure et augmentera les risques pour la stabilité du sarcophage.

Ce qu'il y a à l'intérieur et la menace que cela représente

Sous l'arche se trouve un sarcophage en béton instable datant de 1986 contenant des centaines de tonnes de matières radioactives, notamment de l'uranium et des éléments transuraniens — d'après le Financial Times, qui cite des inspections du site. L'endommagement de l'enveloppe extérieure augmente les risques de corrosion des métaux et de dégradation de l'étanchéité, ce qui, dans le pire des scénarios, pourrait entraîner la propagation de particules radioactives au‑delà des frontières de l'Ukraine.

"Comme l'a montré 1986, la radioactivité ne reconnaît pas les frontières. Le vent dispersera ces éléments transuraniens dans toute l'Europe. Ce n'est pas un 'problème ukrainien', c'est une menace pour tout le continent que l'on ignore"

— Sergiy Tarakanov, directeur de la centrale de Tchernobyl

Pourquoi le prix a augmenté : explications des experts

La série de raisons est logique et compréhensible : travailler dans un environnement à forte radioactivité nécessite des équipements et des méthodes spécialisés, l'accès aux zones critiques est limité, et les solutions d'ingénierie complexes exigent des matériaux coûteux et des entrepreneurs internationaux. Des coûts supplémentaires résultent des risques de sécurité en temps de conflit, des difficultés logistiques et de l'inflation mondiale dans le secteur de la construction de grands projets d'infrastructure.

Qui coordonne et quelles sont les étapes suivantes

La BERD coordonne les efforts internationaux avec le gouvernement ukrainien, l'administration de la centrale et les constructeurs du NCS — les entreprises Bouygues Travaux Publics et VINCI Construction Grands Projets. Une protection temporaire de la brèche a été installée début octobre 2025 — un abri contre la pluie et la neige — mais il ne s'agit que d'une solution provisoire. Les travaux prioritaires de colmatage des petites perforations et de restauration partielle de la membrane doivent être achevés en 2026 ; la restauration complète des fonctions du confinement est une étape bien plus complexe et coûteuse.

Ce que cela signifie pour l'Ukraine et l'Europe

La somme de 500 millions d'euros n'est pas seulement un poste budgétaire. C'est un signal que la restauration de la centrale de Tchernobyl cesse d'être une tâche technique locale pour devenir une question de sécurité continentale. En conséquence, le financement, l'aide technologique et la coordination politique doivent s'inscrire dans un programme à long terme, et non en actions ponctuelles de type pompier.

Conclusion

La suite dépend des partenaires : les déclarations de soutien doivent se transformer en contrats signés et en calendriers clairs de travaux. C'est un investissement non seulement dans l'infrastructure ukrainienne, mais dans la sécurité de toute l'Europe. Sans financement adéquat et coordination technique, les risques augmenteront, et alors la question cessera d'être abstraite — elle touchera l'air que respirent des millions de personnes.

Sources : BERD, Financial Times, commentaires de la direction de la centrale de Tchernobyl.

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