De quoi il s'agit
Lors d'une réunion de la commission d'enquête temporaire de la Verkhovna Rada, la députée Вікторія Сюмар a donné une estimation approximative des revenus des chaînes Telegram anonymes populaires — jusqu'à $20 000 par jour pour une chaîne rassemblant 400 000 à 1 million d'abonnés.
« Si vous prenez le fil d'une chaîne Telegram, il y a environ de 40 à 140 messages par jour, il peut y en avoir jusqu'à 200. Et cela, je pense, doit être analysé, car c'est un business. »
— Вікторія Сюмар, députée, membre du comité chargé de la politique anticorruption
Comment ce chiffre a été obtenu
L'explication est simple : nombre de messages par jour × part de contenu sponsorisé × forfaits de paiement. Selon Sюмар, environ un message sur 5 à 10 peut être payant, et le coût des forfaits pour une promotion politique ou commerciale est estimé à $10 000–$40 000. Ainsi, une chaîne à large audience peut théoriquement générer des millions de hryvnias par mois.
Qui a assisté à la réunion et pourquoi c'est important
À la réunion ont été conviés des représentants СБУ, Державної податкової служби, Бюро економічної безпеки, кіберполіції — la liste parle d'elle‑même : la question dépasse la régulation des médias et relève de la sécurité économique et informationnelle.
Les principaux risques : des revenus non déclarés et le non‑paiement des impôts, l'utilisation de publicités non marquées pour exercer une influence politique, ainsi que l'absence de mécanismes permettant de tenir les administrateurs anonymes responsables. Ce n'est pas seulement un problème médiatique — c'est une question de ressources et de confiance envers les institutions.
Contexte et confirmations
Plus tôt, le directeur du НАБУ Семен Кривонос avait déclaré que le bureau dispose d'informations sur les propriétaires de chaînes anonymes. En janvier 2026, le député Ярослав Железняк avait nommé les probables propriétaires de cinq chaînes Telegram anonymes populaires et avait demandé aux forces de l'ordre de procéder à des vérifications des sources de revenus.
Ce que cela signifie pour le pays
Lorsqu'une grande plateforme d'information fonctionne comme une entreprise sans mécanismes fiscaux et publicitaires transparents, cela engendre à la fois des risques fiscaux et informationnels. Pour l'État, c'est une question à trois niveaux : l'efficacité du contrôle fiscal, la prévention de la manipulation politique et la garantie de la cybersécurité.
Les experts soulignent que les solutions doivent être globales : des contrôles fiscaux appropriés à la régulation de la publicité, en passant par l'amélioration des mécanismes de mise en responsabilité pour le contenu anonyme.
Conclusion
On entend dans la voix de la commission non seulement de l'inquiétude, mais aussi un appel à des actions concrètes — la coordination entre СБУ, ДПС, БЕБ et la cyberpolice doit transformer les estimations en résultats d'enquête. Il ne s'agit pas seulement d'argent : il est question de la transparence de l'environnement informationnel et de la protection contre l'influence illégale sur l'opinion publique. La capacité des institutions à transformer rapidement les déclarations en décisions concrètes sera le prochain test de l'aptitude de l'État à répondre aux nouveaux défis.