Une seule erreur dans le tableau — et la TVA est bloquée. L'administration fiscale explique enfin comment l'éviter

De 0,84% à 0,1% de factures bloquées en un an — l'administration fiscale qualifie cela de succès, mais reconnaît : une partie des blocages surviennent toujours en raison d'erreurs techniques des contribuables eux-mêmes. Le service publie désormais des instructions étape par étape pour remplir le Tableau de données — un document qui sauve soit l'entreprise d'un blocage, soit la coule à cause d'un seul code de nomenclature tarifaire incorrect.

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Леся Карнаух (Фото - Державна податкова служба)

Le Service des douanes d'État a élaboré des « feuilles de route » — des instructions étape par étape pour remplir correctement le Tableau des données du contribuable à la TVA. L'objectif : réduire les blocages qui résultent non pas de stratagèmes d'évasion, mais d'erreurs techniques commises par des entrepreneurs consciencieux. C'est ce qu'a annoncé Lessia Karnaoukhh, directrice par intérim du Service des douanes d'État.

Qu'est-ce que le Tableau des données et pourquoi est-il décisif

Le Tableau des données du contribuable à la TVA est un document dans lequel l'entrepreneur déclare à l'avance son activité : codes de marchandises selon la nomenclature tarifaire et statistique, codes de services, fournisseurs et clients. Si le Tableau est accepté et pris en compte par le système SMKOS, les factures suivantes comportant les mêmes codes sont enregistrées automatiquement, sans interruptions.

Le problème, c'est qu'un seul code incorrect suffit pour rejeter le Tableau. Et sans un Tableau accepté, le contribuable se retrouve dans une situation où chaque facture doit à nouveau passer par un système automatisé d'évaluation des risques.

« Parfois, une seule erreur mineure suffit pour arrêter le processus. Une simple inexactitude — et la facture de TVA est suspendue ».

Lessia Karnaoukhh, directrice par intérim du Service des douanes d'État

Les chiffres que le Service des douanes d'État considère comme un succès

Selon Karnaoukhh, le taux de factures bloquées sur un an a diminué de plus de sept fois : de 0,84 % en février 2025 à 0,1 % au début de 2026. Autrement dit, 99,9 % des factures sont désormais enregistrées automatiquement.

Parallèlement, en septembre 2025, le Conseil des ministres a adopté des modifications à la Résolution n° 1165 — le document fondamental qui régit la procédure de suspension de l'enregistrement des factures de TVA. Ces modifications ont notamment ajouté de nouvelles conditions pour l'acceptation inconditionnelle du Tableau : nombre moyen mensuel d'employés d'au moins 3 personnes, inscription du contribuable à la TVA depuis au moins 365 jours, terres agricoles d'au moins 200 hectares pour les agriculteurs.

Ce que les « feuilles de route » changent dans la pratique

Avant l'apparition de ces instructions, un entrepreneur dont le Tableau avait été rejeté avait deux options : se tourner vers les centres de consultation du Service des douanes d'État (ouverts dans chaque région il y a un an) ou aller en justice. La procédure judiciaire peut durer jusqu'à 1095 jours pour contester une décision, ou 3 mois après un recours administratif.

Les « feuilles de route » visent à réduire le nombre d'erreurs initiales — c'est-à-dire à alléger le fardeau pour les entreprises et pour les commissions du Service des douanes d'État chargées d'examiner les Tableaux litigieux. Les erreurs clés que ces documents aident à éviter :

  • Non-concordance des codes de nomenclature tarifaire et statistique avec l'activité réelle — la raison la plus courante de rejet du Tableau.
  • Absence d'explications sur l'activité du contribuable sous forme d'annexe au Tableau (formulaire J/F1360102).
  • Omission de certains types d'activité — sans eux, le Tableau n'offre pas de protection même après acceptation.
  • Présentation du Tableau après blocage plutôt que de manière préventive — il ne débloque pas les factures déjà suspendues.

Le contexte qu'il ne faut pas manquer

Le SMKOS — système de surveillance de la conformité des factures de TVA aux critères de risque — a introduit en 2026 une vérification croisée (cross-matching) : si un entrepreneur enregistre une nouvelle entreprise au nom du même directeur ou comptable et commence une activité similaire, le système la marque automatiquement comme risquée. Autrement dit, il n'est plus possible de « redémarrer » une entreprise à zéro pour éviter un statut bloqué.

Dans ce contexte, les « feuilles de route » ne sont pas simplement un geste de service. C'est une reconnaissance du fait que certains blocages constituent une erreur systémique de l'algorithme, et non une stratagème détecté.

Si, après la mise en œuvre de ces instructions, le taux de blocages ne tombe pas en dessous de 0,05 % ou si le nombre de Tableaux rejetés augmente — cela signifierait que le problème ne réside pas dans les erreurs des contribuables, mais dans la logique même des critères de risque. C'est cet indicateur qu'il convient de suivre jusqu'à la fin de 2026.

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