La Rada suprême a adopté le 1er juillet le projet de loi n°12301 — 307 votes en faveur. La loi ukrainienne « Sur la garantie des droits et libertés des personnes déplacées à l'intérieur du pays » n°1706-VII, adoptée en 2014, perdra sa validité dans trois mois. Elle sera remplacée par un document rédigé pour une autre réalité : non pas les premières semaines d'évacuation, mais des années de réinstallation forcée.
L'enregistrement n'est plus un laissez-passer
Le changement principal n'est pas technique. Les personnes déplacées pourront exercer l'intégralité de leurs droits et libertés constitutionnels indépendamment de leur enregistrement en tant que PDI. Cela signifie : une personne qui, pour diverses raisons, ne s'est pas enregistrée, ne se retrouvera plus dans un vide juridique concernant les services de base.
Le statut sera confirmé par un extrait électronique de la base de données d'État — les certificats papier sont supprimés. Selon Olena Shulyak, présidente de la commission compétente de la Rada, des exigences supplémentaires ne peuvent être établies que lorsqu'une personne bénéficie d'avantages spéciaux, et uniquement dans la mesure nécessaire pour prévenir les abus.
L'argent — selon les besoins, pas selon les papiers
Une évaluation des besoins individuels d'une personne ou d'une famille est introduite — le montant de l'aide financière pour le logement en dépendra. C'est une rupture importante avec la logique précédente : auparavant, toute personne ayant ce statut recevait une allocation — indépendamment de sa situation réelle. Désormais, l'État déclare que l'aide sera ciblée.
« Cette approche permettra de passer de l'aide basée uniquement sur le statut formel à un soutien plus ciblé d'une personne ou d'une famille spécifique »
Olena Shulyak, présidente du Comité de la Rada sur l'organisation du gouvernement de l'État et l'urbanisme
Point clé : le mécanisme d'évaluation des besoins est établi par la loi, mais la méthodologie — qui évalue, selon quels critères, avec quel droit d'appel — sera déterminée par des actes réglementaires. Autrement dit, la qualité réelle de l'aide ciblée dépendra de ce que le Cabinet des ministres prescrira dans des ordonnances distinctes.
Le logement : du temporaire au permanent
La loi prévoit différents mécanismes pour fournir un logement aux PDI : des prêts préférentiels, l'achat de logements, leur rachat par l'État, la location subventionnée. C'est l'abandon du concept d'« installation temporaire » qui dominait depuis 2014.
À partir du 1er décembre, les PDI ayant le statut de combattant ou de personne handicapée à la suite de la guerre peuvent demander un bon-logement d'une valeur de 2 millions de hryvnias via l'application Diia. En mai, 160 familles avaient déjà finalisé les accords et acheté un nouveau logement selon ce mécanisme. En février, le Cabinet des ministres a lancé des prêts sans intérêt pour les PDI jusqu'à 430 000 hryvnias pour s'installer dans un nouveau lieu.
Nouvelle terminologie — pas de bureaucratie
Dans la législation, pour la première fois, les concepts d'« adaptation », d'« intégration » et de « réintégration » des PDI sont détaillés. Ce n'est pas seulement une question de sémantique : selon le « stade » officiel auquel se trouve une personne, dépendra l'ensemble des programmes d'aide qui lui sont accessibles. La loi régule également les activités des lieux d'hébergement temporaire — les campements pourront être officiellement aménagés à partir de modules préfabriqués, les personnes déplacées pourront vivre dans des auberges, des hôtels et autres locaux appropriés.
La loi entrera en vigueur après l'abrogation de l'ancienne — c'est-à-dire approximativement en octobre 2026. Si le Cabinet des ministres approuve la méthodologie d'évaluation des besoins d'ici là, l'aide ciblée deviendra une réalité ; sinon, la norme n'existera que sur le papier, et les 4,6 millions de PDI enregistrés recevront une nouvelle loi avec une vieille pratique.