Position du Parlement européen
Selon Bloomberg, le président du comité du Parlement européen chargé du commerce international, Bernd Lange, a convoqué une réunion d'urgence le 23 février pour revoir l'accord‑cadre commercial entre l'UE et les États‑Unis. Lange a demandé de suspendre le processus de ratification tant que des éclaircissements n'auront pas été obtenus sur les nouveaux droits de douane annoncés par le président américain Donald Trump. Le vote au Parlement était prévu en mars — cette date est désormais remise en question.
« Le Parlement doit suspendre son travail sur l'accord tant que l'UE n'aura pas obtenu davantage de clarté sur les nouveaux tarifs. »
— Bernd Lange, président du comité du Parlement européen chargé du commerce international
Ce qui s'est passé
Après que la Cour suprême des États‑Unis a annulé une partie des tarifs instaurés en vertu de l'IEEPA, l'administration Trump a annoncé le remplacement de ces mesures par un nouveau régime douanier fondé sur la section 122 de la loi sur le commerce de 1974. Initialement, la surtaxe était de 10 %, mais elle a été portée à 15 % dès le lendemain. Le régime entre en vigueur le 24 février 2026 et restera en vigueur pendant 150 jours, à moins que le Congrès ne le prolonge.
Au taux de 15 %, le tarif moyen pondéré aux États‑Unis serait d'environ 13,2 % ; pour comparaison, avant les décisions judiciaires il était de 15,3 %, et après l'annulation des tarifs fondés sur l'IEEPA il était tombé temporairement à 8,3 %.
« L'UE n'a pas d'autre choix que de reporter le processus d'approbation afin d'obtenir des éclaircissements. »
— Željana Zovko, principale négociatrice commerciale du groupe PPE
Conséquences pour l'UE et pour l'Ukraine
Cette décision concerne des catégories clés — automobiles, produits pharmaceutiques, semi‑conducteurs et bois — qui figuraient déjà dans l'accord‑cadre. L'augmentation des tarifs signifie un risque de renchérissement des importations, de perturbation des chaînes d'approvisionnement et d'accélération des pressions inflationnistes.
Pour l'Ukraine, cela revêt trois dimensions pratiques : d'une part, la hausse des prix des composants européens et des médicaments peut augmenter le coût de la reconstruction et des soins ; d'autre part, les retards ou complications dans les livraisons de semi‑conducteurs et d'équipements affaiblissent la vitesse de modernisation de l'industrie de défense et des réseaux civils ; enfin, les tensions politiques détournent l'attention des partenaires de la coordination sur les sanctions et le soutien aux programmes de sécurité.
Le Parlement européen a déjà connu un précédent de gel en raison de menaces tarifaires auparavant (dans le cas du Groenland). À l'époque, le dossier a été réglé diplomatiquement — mais il s'agit maintenant d'un ensemble de biens plus vaste et d'un impact direct sur des chaînes d'approvisionnement stratégiques.
Et ensuite
L'UE exigera probablement des éclaircissements et des garanties, et des négociations pour des exceptions concernant les chaînes d'approvisionnement critiques sont possibles. Si la ratification est effectivement suspendue, cela retardera la mise en œuvre de l'accord et créera une instabilité supplémentaire sur les marchés.
Pour l'Ukraine, il est important de surveiller les événements et de veiller à ce que les intérêts de sécurité soient pris en compte dans les négociations diplomatiques et commerciales — notamment des garanties pour l'approvisionnement en composants critiques et en médicaments. Pendant que les partenaires alignent leurs positions, Kyiv doit travailler sur deux fronts : préserver les chaînes d'approvisionnement et renforcer la diversification des importations.
La capacité de l'UE à transformer la pression politique en garanties techniques pour les secteurs clés déterminera dans quelle mesure les nouveaux droits de douane frapperont l'économie et la sécurité ukrainiennes.