277 rentrés, 246 contre 246 : ce qui se cache derrière le plus grand échange pascal

Le 19 avril, l'Ukraine a rapatrié 277 militaires — 246 dans un échange direct et 31 gravement blessés en dehors de celui-ci. Ces chiffres reflètent trois années de travail des Émirats arabes unis en tant que médiateur unique et stable entre Moscou et Kiev.

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À la veille de Pâques orthodoxe, le 19 avril 2025, l'Ukraine et la Russie ont procédé à l'un des plus importants échanges de prisonniers de toute la guerre à grande échelle. 277 militaires ukrainiens sont rentrés chez eux — 246 selon la formule directe « 246 contre 246 » et 31 autres gravement blessés grâce à des mesures en dehors de l'échange officiel.

Qui est rentré et d'où

Parmi les libérés — les défenseurs de Marioupol, les membres de la Garde nationale, les marins militaires, les combattants des TrO, de la Direction spéciale d'État des transports, des troupes d'assaut aéroportées et des Forces des systèmes sans pilote. 268 militaires sont des simples soldats et des sergents, neuf autres sont des officiers.

La garnison de Marioupol est une catégorie à part : des personnes capturées en avril 2022 qui ont passé plus de trois ans en captivité. Pour leurs familles, cet échange n'est pas un événement diplomatique, mais la fin de mille jours d'incertitude.

Les EAU : un médiateur discret avec un bilan en milliers

L'échange s'est à nouveau déroulé avec la médiation des Émirats arabes unis. Selon l'Agence de presse des EAU, le nombre total de personnes rentrées chez elles par l'intermédiaire des Émirats s'élève à 3771 personnes — après 14 séries distinctes de négociations entre la Russie et l'Ukraine.

« Quand la Russie a envahi l'Ukraine, nous avons pris position — être du côté du droit international »

— conseiller en diplomatie des EAU Anwar Gargash

Abu Dhabi n'a pas adhéré aux sanctions contre Moscou, maintient des relations commerciales avec les deux côtés — et c'est précisément cette neutralité, souvent critiquée en Occident, qui permet aux EAU de faire ce qu'aucun membre de l'OTAN ne peut faire : enlever physiquement des gens de la captivité.

Chronologie 2025 : les échanges s'accélèrent

  • 5 février — 24 malades graves et blessés ainsi qu'un civil
  • 19 mars197 militaires, dont 22 gravement blessés libérés en dehors des échanges
  • 19 avril — 277 personnes (246 + 31 gravement blessés)

Au total depuis le début de 2025, 596 Ukrainiens sont rentrés chez eux, 53 autres en dehors du processus d'échange. Le rythme s'accélère : entre l'échange de mars et celui d'avril — exactement un mois.

« Trêve » pendant l'échange

Poutine a unilatéralement annoncé une « trêve pascale » — Kiev l'a accueillie avec scepticisme avant même son début. Les occupants ont progressé sur trois secteurs du front et ont capturé un village le même jour où s'est déroulé l'échange. L'action humanitaire et les opérations militaires ont existé en parallèle — comme cela a été le cas à chaque fois depuis 2022.

Trois des militaires ukrainiens libérés étaient soumis à une prétendue « enquête » en Russie — c'est-à-dire que formellement, ils n'étaient pas des prisonniers de guerre, mais des « suspects ». Le fait qu'ils aient été inclus dans l'échange malgré tout témoigne soit de la flexibilité de Moscou, soit de la pression des médiateurs — ou peut-être des deux à la fois.

Si le rythme mensuel des échanges se maintient jusqu'à la fin de l'été, et si le format « 1000 contre 1000 », que l'Ukraine a déjà soumis à l'examen, est accepté — plusieurs milliers de personnes pourraient rentrer chez elles avant septembre. La question est de savoir si Moscou acceptera une ampleur qui rendrait impossible de dissimuler les pertes parmi ses propres prisonniers de guerre.

Actualités mondiales

Politique

Des femmes sans formation médicale se sont retrouvées au registre des personnes astreintes au service militaire en raison de dysfonctionnements remontant à 2021 — et ce n'est que maintenant qu'il s'avère que le système ne peut techniquement pas supprimer ces données sans modifier un décret du Conseil des ministres. L'algorithme du ministère de la Défense est un pansement temporaire sur un problème structurel.

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