L'Inde a cessé d'être un "fournisseur de chair à canon" pour la Russie, mais reste un client du Kremlin pour les achats militaires

Le recrutement d'Indiens dans l'armée russe a cessé après les pressions de Delhi, mais les exercices conjoints, les achats d'armements et la formation des officiers dans les universités russes se poursuivent — c'est précisément là que réside l'avantage pratique réel de Moscou.

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Прем'єр-міністр Індії Нарендра Моді та російський диктатор Володимир Путін (Фото: EPA)

Lorsqu'on parle des étrangers dans l'armée russe, on mentionne généralement des prisonniers chinois ou nord-coréens qui ont combattu près de Koursk. L'Inde se distingue dans cette liste : selon les données de la Direction du renseignement militaire du ministère de la Défense, la Russie ne recrute plus de citoyens indiens dans ses forces armées — Delhi a posé cette question de manière catégorique. Mais c'est précisément ici que commence une histoire plus intéressante : la coopération militaire entre les pays ne s'est pas réduite, elle a simplement changé de forme.

Pourquoi le recrutement a disparu alors que la formation persiste

Pour le Kremlin, le recrutement d'étrangers est un moyen de compenser les pertes sans nouvelle vague de mobilisation en Russie. Une ressource bon marché et politiquement peu sensible. Mais l'Inde n'est pas le Botswana ou l'Indonésie, dont les citoyens sont arrivés à la guerre trompés par des agences de placement. C'est un partenaire avec lequel Moscou commercialise des armes depuis des décennies et ne veut pas gâcher les relations à cause de scandales diplomatiques autour de citoyens indiens tués ou blessés.

Donc quand Delhi a tracé une ligne, le Kremlin l'a acceptée. Mais pas là où cela lui fait le plus mal — la coopération militaro-technique est restée intacte.

Ce qui continue précisément

La Direction du renseignement militaire identifie trois domaines qui ont survécu aux restrictions :

  • les exercices conjoints de préparation opérationnelle et au combat ;
  • la formation des officiers indiens dans les établissements d'enseignement du ministère de la Défense russe ;
  • la participation de l'Inde aux exercices militaires russes.

Un exemple probant — les exercices « Indra-2026 » qui se déroulent d'août à début septembre : l'Inde engage environ 500 militaires et 100 unités d'équipement. En parallèle, des militaires indiens ont été invités comme observateurs aux exercices stratégiques « Tsentr » — il ne s'agit plus de chair à canon, mais d'échange d'expérience opérationnelle et de démonstration que la Russie reste un partenaire militaire significatif pour Delhi, malgré la guerre contre l'Ukraine.

L'angle pratique : pourquoi c'est important maintenant

L'Inde achète des armes russes et forme des officiers à Moscou non pas par sympathie envers le Kremlin, mais parce que l'alternative — une rupture avec des décennies de dépendance militaro-technique — coûte plus cher que les inconvénients diplomatiques.

Cette dépendance est devenue douloureuse après le 21 juillet 2026, quand le ministère des Affaires étrangères de l'Inde a convoqué l'chargé d'affaires de la Russie en raison d'une frappe de missile sur le navire MV Golden Leo près d'Odessa — quatre citoyens indiens ont été tués. Cela montre la limite de la tolérance de Delhi : les victimes civiles sont une ligne rouge, tandis que les exercices conjoints et les achats ne le sont pas.

La différence entre « le recrutement pour la guerre » et « la coopération militaro-technique » est la différence entre ce que Delhi est prêt à condamner publiquement et ce avec quoi il est prêt à continuer à vivre en silence. La question est de savoir si cette limite tiendra après un autre incident entraînant la mort de citoyens indiens, ou si Delhi finira par remettre en question aussi bien la formation que les achats — c'est-à-dire les fondements mêmes des relations avec Moscou en temps de guerre.

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