Le procureur général Ruslan Kravchenko a présenté sa démission. Il l'a annoncé sur Telegram, selon UNN.
Selon Kravchenko, il s'agit d'une décision politique qu'il a prise en toute conscience.
Je ne veux pas que le poste de procureur général soit utilisé comme un instrument d'affrontement politique. Ma position concernant les accusations reste inchangée. Je remercie mes collègues qui font honnêtement leur travail. Ceux qui présentent les accusations devant les tribunaux, travaillent avec les victimes, documentent les crimes russes et défendent les intérêts de l'État. Votre travail ne doit en aucun cas être dévalué.
Il a remercié le président et la Rada suprême pour leur confiance et a demandé d'accepter sa démission.
Ce qui a précédé cette déclaration
Récemment encore, Kravchenko déclarait publiquement qu'il ne tenait pas à son poste et n'y tiendrait jamais, soulignant que la décision concernant sa démission relevait exclusivement du président ou du parlement. À cette époque, il disait aussi que son poste ne l'exemptait pas de contrôles, mais ne supprimait pas non plus l'exigence de prouver les accusations par des faits.
Cette formulation concernant les « accusations » figure également dans sa déclaration de démission — sa position à leur sujet, selon ses propres paroles, reste inchangée. Cela signifie qu'il ne s'agit pas d'une reconnaissance de culpabilité, mais d'une décision de partir sous la pression politique autour de sa personne.
Pourquoi c'est important
Le poste de procureur général en Ukraine est l'un des points clés où se croisent le système judiciaire, la grande politique et la pression extérieure des partenaires, qui exigent l'indépendance de la procurature. La démission prématurée du chef du parquet dans un contexte d'accusations publiques est toujours un signal de conflit d'intérêts au sein du système de pouvoir, et non une simple décision de gestion du personnel.
Kravchenko a dirigé le parquet général pendant une période où l'établissement mène simultanément un important travail de documentation des crimes de guerre russes et se trouve sous le feu constant de la politique. Sa démission soulève la question de savoir qui exactement a initié cette pression et si elle est liée à des dossiers spécifiques gérés ou traités par le parquet.
La décision finale concernant la démission doit être prise par le président ou la Rada suprême. Si dans les prochains jours une proposition officielle de nomination d'un nouveau procureur général apparaît, cela confirmera la version d'un arrangement politique convenu ; si le processus s'éternise, la question des véritables raisons de la démission de Kravchenko restera en suspens.