Pachinian a refusé deux fois à Poutine : il n'est pas venu au défilé et a rejeté le rôle d'allié

Le Premier ministre arménien s'est publiquement démarqué de Moscou sur la question de la guerre contre l'Ukraine — dans le contexte du sommet de la Communauté politique européenne à Erevan et un mois avant les élections législatives, où la neutralité est un enjeu concret.

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Нікол Пашинян на брифінгу 7 травня 2026 року (Фото: сайт прем'єр-міністра Вірменії)

Le 7 mai, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a fait deux déclarations qui, prises séparément, sonnent comme des nuances diplomatiques, mais ensemble — comme un signal clair : Erevan ne reste plus silencieux sur l'Ukraine.

Ce qu'il a dit — et ce qu'il n'a pas dit

Lors d'un point de presse après une réunion du gouvernement, Pachinian a répondu à une question sur la visite récente de Zelensky à Erevan. La réponse a été brève :

«Nous avons envoyé une aide humanitaire en Ukraine, et j'ai déjà dit que sur la question ukrainienne, nous ne sommes pas les alliés de la Russie».

Nikol Pachinian, point de presse du 7 mai

Il n'a pas appelé la Russie un agresseur, n'a pas soutenu les sanctions et n'a pas annoncé de changement d'alliances. Mais dans le contexte d'un pays qui reste membre de l'OTSC et qui abrite une base militaire russe, même une telle phrase représente un écart par rapport à l'ambiguïté antérieure.

Concernant le défilé du 9 mai — Pachinian a expliqué son absence par une campagne électorale : les élections sont prévues pour le 7 juin, la campagne officielle commence le 8 mai. Mais c'est déjà la deuxième année consécutive qu'il n'apparaît pas à Moscou — en 2024, il n'y est pas allé non plus, invoquant le fait qu'il «y était allé l'année précédente».

Pourquoi maintenant

Le 4 mai, Erevan a accueilli le VIIIe sommet de la Communauté politique européenne — plus de 30 dirigeants, le secrétaire général de l'OTAN, Zelensky. Pour ce dernier, c'était la première visite en Arménie depuis 2019 — et la première visite d'un président ukrainien dans ce pays en 24 ans.

La réaction de Moscou a été révélatrice : quelques jours avant le sommet, la Russie a interdit l'importation d'eau minérale arménienne. Le président Macron a commenté directement le symbolisme de l'événement : il y a huit ans, personne ne serait venu ici, car de nombreux pays percevaient l'Arménie comme un «satellite de facto de la Russie».

Le contexte à ne pas oublier :

  • En mars 2025, le parlement arménien a adopté une loi pour entamer le processus d'adhésion à l'UE.
  • Moscou a répondu qu'elle «ne tolérera pas» le rapprochement d'Erevan avec l'Union européenne.
  • Le 1er mai, Pachinian s'est réuni avec Poutine à Moscou — et a alors annoncé qu'il ne viendrait pas au défilé.
  • Aux élections du 7 juin, contre le parti de Pachinian «Contrat civique» s'opposent des blocs qui, selon les médias, sont soutenus par la Russie.

La limite entre signal et engagement

L'Arménie reste membre de l'Union économique eurasiatique. La base militaire russe sur le territoire arménien n'a pas disparu. L'aide humanitaire à l'Ukraine est réelle, mais pas militaire. Pachinian dit «nous ne sommes pas les alliés de la Russie», mais ne dit pas «nous soutenons l'Ukraine».

Cette distinction n'est pas une bagatelle. C'est précisément elle qui détermine si les déclarations de Pachinian sont le début d'une nouvelle position ou un positionnement préélectoral pour un public intérieur qui regarde de plus en plus vers l'Occident.

Si, après les élections du 7 juin, le parti de Pachinian conserve la majorité — le prochain véritable test sera la question suivante : Erevan retirera-t-il la base russe ou du moins soulèvera-t-il cette question officiellement à l'ordre du jour des négociations avec l'UE ? Sans cette étape, les déclarations de «non-alliance» resteront précisément des déclarations.

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