Si quelque chose explose du 18 au 20 septembre dans les territoires temporairement occupés, ce ne sera probablement pas une action de sabotage des services spéciaux ukrainiens, mais une mise en scène planifiée. Le Service de renseignement étranger a averti : la Russie prépare des provocations lors des soi-disant élections à la Douma d'État, pour ensuite accuser l'Ukraine.
La technologie plutôt que l'improvisation
Selon le SRE, le scénario sera prudent : des explosions aux bureaux de vote hors heures, pour obtenir une « image » sans victimes massives parmi leurs propres propagandistes. Des sabotages sur le transport qui achemine les membres des commissions électorales. Des tentatives possibles d'attentats contre les collaborateurs — ceux qui ont déjà perdu la confiance de la population locale.
La logique est simple : la destruction réelle n'est pas nécessaire, seul l'effet médiatique compte. Le renseignement rappelle que lors des campagnes précédentes en zone occupée, des dizaines d'explosions locales avec dégâts minimes mais couverture maximale dans les canaux de propagande ont été enregistrées.
Pourquoi cela intéresse le Kremlin
Le SRE cite deux objectifs pratiques : justifier la répression contre la population locale et justifier une nouvelle vague de mobilisation. Il y a aussi un troisième objectif, stratégique — saborder le processus diplomatique avec la médiation des États-Unis, en montrant que les négociations seraient prétendument inutiles car « la partie ukrainienne terrorise les civils ».
Ces actions constituent une pratique éprouvée depuis des décennies par le pouvoir russe, qui utilise les provocations pour exercer une pression psychologique et légitimer les territoires conquis.
L'histoire se répète
Le SRE trace une ligne directe entre les risques actuels et les explosions d'immeubles en Russie en 1999, la prise d'otages au Dubrovka en 2002 et à Beslan en 2004. Ce n'est pas une analogie pour la dramatisation — c'est le même arsenal : créer un événement qui justifie les actions ultérieures du pouvoir, indépendamment des véritables responsables.
Depuis 2014, le schéma est rodé sur les territoires occupés de l'Ukraine : explosions de voitures, bombardements d'infrastructures, simulation d'attentats avant les négociations ou les scrutins.
Que faire pour les résidents des TOT
Le renseignement conseille concrètement : du 17 au 21 septembre, éviter les lieux de rassemblement — bureaux de vote, bâtiments administratifs, objets d'infrastructure militaire. Ce n'est pas un conseil abstrait « d'être prudent », mais un repère temporel et spatial précis pour ceux qui sont forcés de vivre sous occupation.
La question est de savoir si ce scénario fonctionnera aussi efficacement cette fois-ci — particulièrement au vu des données sur la baisse de la cote de popularité de Poutine et l'augmentation des sentiments protestataires en Russie, dont Zelenski en avait parlé précédemment.