En soirée du 13 juillet et la nuit du 13 au 14 juillet, la Russie a attaqué l'Ukraine avec huit missiles balistiques Iskander-M/S-400, lancés depuis la région de Briansk. Cinq ont été interceptés ou neutralisés — un a atteint sa cible, deux autres demandaient des clarifications le matin. C'est ce qu'ont annoncé les Forces aériennes des ZSU.
Le contexte est important : l'attaque du 6 juillet a marqué le début d'une nouvelle alarme. La Russie a alors utilisé 23 Iskander et missiles S-400 dans une frappe massive dépassant 400 moyens — et aucun missile balistique n'a pu être intercepté. C'est après cet échec que la discussion publique sur la pénurie de missiles PAC-3 a atteint un nouveau niveau.
Ce qui a été abattu cette nuit
Outre la balistique, la défense aérienne a détruit les deux missiles de croisière guidés Kh-59/69 et 108 des 135 drones — des Shaheds (y compris les variantes réactives), des Gerber, des Italmas, des Banderoll, des imitateurs Parodiya. Les impacts ont été enregistrés sur 17 sites, les débris sont tombés sur 10 autres. La défense aérienne a été assurée par l'aviation, les forces de missiles antiaériens, les unités de guerre électronique et les groupes de feu mobiles.
Pourquoi les Iskander deviennent plus difficiles à intercepter
Le résultat de la nuit du 13 au 14 juillet semble meilleur comparé à l'échec du 6 juillet — mais cela ne signifie pas que le problème a disparu. Les analystes du RUSI ont constaté une tendance à la baisse constante dans les interceptions d'Iskander au cours de 2025 : le taux de réussite maximal n'a jamais dépassé 30% en aucun mois.
« Cela complique l'interception, mais ne la rend pas impossible »
— porte-parole des Forces aériennes Iouri Ignat après l'attaque de mai sur Kyïv, quand un Iskander a été observé pour la première fois avec un système de leurres radar
La Russie a modifié les missiles : selon Defense Post et Army Recognition, les nouvelles versions de l'Iskander-M effectuent des manœuvres en phase terminale et peuvent utiliser des systèmes de brouillage radar. Cela frappe directement la géométrie d'interception du PAC-3, qui nécessite un suivi stable de la cible dans les dernières secondes avant l'impact.
La tactique d'usure comme contexte
La combinaison de balistique avec des centaines de drones n'est pas un hasard. Selon les analystes ukrainiens, le lancement simultané de missiles balistiques et de vagues massives de drones crée une surcharge excessive sur les radars et les moyens d'interception, forçant à répartir les ressources limités en missiles Patriot. Six batteries Patriot pour tout le pays — c'est une restriction sévère que la Russie, à en juger par la dynamique des attaques, a étudié.
- 8 missiles balistiques Iskander-M/S-400 — 5 interceptés/neutralisés
- 2 missiles de croisière guidés Kh-59/69 — tous deux abattus
- 135 drones de différents types — 108 interceptés/neutralisés
- Impacts : 1 missile balistique + 25 drones de frappe sur 17 sites
Cinq Iskander interceptés — c'est mieux que zéro le 6 juillet. Mais trois missiles dont les informations sont soit négatives, soit « en cours de clarification », rappellent que le résultat d'une seule nuit n'annule pas le problème structurel des ressources d'interception.
Si la Russie continue de combiner des Iskander modifiés avec des vagues de drones massives — la question n'est pas de savoir si la défense aérienne tiendra la prochaine nuit, mais plutôt combien de PAC-3 resteront avant le prochain raid sur Kyïv.