Donald Trump a annoncé le 16 avril sur Truth Social qu'il avait tenu des appels séparés avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, et qu'il avait annoncé une trêve de 10 jours qui a commencé à 23h00 selon l'heure de Kyiv. Selon ses déclarations, les deux dirigeants se sont rencontrés à Washington pour la première fois en 34 ans.
« Ces deux dirigeants ont convenu que pour parvenir à la paix entre leurs pays, ils engageraient officiellement une trêve de 10 jours à 17h00 selon l'heure de l'Est »
Donald Trump, Truth Social
Trump a également chargé le vice-président J.D. Vance, le secrétaire d'État Marco Rubio et le président du Comité des chefs d'état-major interarmées Denu Kaine de « travailler avec Israël et le Liban pour parvenir à une paix durable » et a invité les deux dirigeants à la Maison-Blanche pour des « négociations substantielles ».
Comment en est-on arrivé là
Une nouvelle vague de combats entre Israël et le Hezbollah a éclaté au début de mars 2025. Le 8 avril, Israël a lancé plus de 100 frappes aériennes contre le Liban, y compris sur le centre de Beyrouth, tuant plus de 350 personnes. Plus d'un million de Libanais se sont retrouvés déplacés. Selon PBS NewsHour, le Premier ministre libanais Nawwaf Salam a accusé publiquement Israël d'escalade au moment où la partie libanaise cherchait des voies de négociation.
Le Liban tentait de négocier sa propre voie diplomatique depuis le début de l'année. Le président Aoun, bien avant les appels d'avril avec Trump et Rubio, proposait des négociations directes avec Israël en échange d'un cessez-le-feu. Comme l'indique PBS NewsHour, ni Israël ni les États-Unis n'ont réagi à l'époque. La situation a changé avec la trêve américano-iranienne : Téhéran a posé comme condition qu'elle couvre également le Liban, ce qui a ouvert la fenêtre pour l'accord actuel.
Ce que contient l'accord et ce qui manque
L'accord fixe un cessez-le-feu de 10 jours sans mécanisme de vérification ou de contrôle publiquement annoncé. Le contrôle de la ventilation, selon Trump, est confié au trio Vance-Rubio-Kaine, mais aucun instrument coercitif n'est nommé. Ce n'est pas la première fois : concernant la trêve de novembre 2024, le professeur de l'Université américaine de Beyrouth Karim Makdissi notait que « l'essentiel est l'absence de mécanisme de mise en application », malgré la participation directe des Américains.
Il existe également un problème structurel que l'accord contourne par le silence :
- Le Hezbollah n'était pas partie aux négociations — Israël mène des opérations militaires précisément contre lui, tandis que le gouvernement libanais n'a pas le contrôle juridique du groupe.
- Le Liban et Israël voient ces négociations différemment : Beyrouth souhaite le retrait des troupes israéliennes du sud et la libération des prisonniers, Tel-Aviv insiste sur le désarmement du Hezbollah.
- Le Hezbollah a dénoncé les négociations, accusant le gouvernement de « concessions gratuites à l'ennemi », et sans son consentement, tout cessez-le-feu dépend entièrement de la retenue de l'armée israélienne.
Selon Axios, la partie libanaise a été prise de court par la publication de Trump : le matin du 16 avril, Aoun disait à Rubio qu'un appel de Netanyahou aurait été « prématuré ». Quelques heures plus tard, Trump a lui-même appelé Aoun et a annoncé l'accord.
Et maintenant
Dix jours, ce n'est pas la paix, c'est une pause. La question n'est pas de savoir si la trêve tiendra jusqu'à la fin du délai, mais ce qui se passera après : si d'ici le 26 avril le Hezbollah ne se prononce pas clairement sur l'accord, et si Israël ne retire pas au moins une partie de ses forces du sud du Liban, ce document deviendra un autre exemple d'une trêve sans architecture de paix.