Comment ne pas devenir «sans-papiers» après une blessure: ce que la réforme des volontaires étrangers résout et ce qu'elle ne résout pas

Le ministère de la Défense lance un recrutement commercial d'étrangers et admet : certains volontaires ne savaient tout simplement pas où ils se rendaient. Cependant, le vide juridique suite à la libération des Forces armées reste un point vulnérable.

31
Partager :
Боєць 2 Інтернаціонального легіону на уроці української мови (Фото: Facebook-сторінка легіону)

Lorsqu'un volontaire étranger signe un contrat avec les Forces armées ukrainiennes, il obtient un statut, des documents et une mission de combat. Lorsque le contrat est résilié — prématurément ou après une blessure — il ne reçoit souvent qu'un billet de retour et le statut de sans-papiers. C'est exactement cette lacune, ainsi que le manque de personnel en première ligne, que la plus grande réforme du service militaire depuis le début de l'invasion à grande échelle tente de combler.

Pourquoi les étrangers partent plus tôt

Le vice-ministre de la Défense Mstislav Banik a ouvertement reconnu un problème systémique : certains étrangers ne comprenaient pas les conditions de service avant de signer le contrat.

« De nombreux étrangers qui se trouvaient en Ukraine ne savaient pas qu'ils se retrouveraient dans une zone de conflit quelconque, ne savaient pas ce qui les attendait ici »

Mstislav Banik, vice-ministre de la Défense de l'Ukraine

La solution proposée par le ministère de la Défense n'est pas la pression administrative, mais le marché. Le recrutement des étrangers devrait être confié aux entreprises privées : l'État crée les conditions selon lesquelles les entreprises privées auront intérêt à recruter des volontaires en fonction des besoins spécifiques des brigades. Selon Banik, différentes unités ont des priorités différentes — certaines veulent des combattants hispanophones, d'autres anglophones ou lusophones.

Un objectif ambitieux : jusqu'à la moitié des assaillants seront des étrangers

La réforme a été présentée par la Première ministre Julia Sviridenko, le commandant en chef Alexander Syrsky et le ministre de la Défense Mikhaïlo Fedorov. Parmi les paramètres clés — entre 30 et 50 % des postes d'assaillants et de fantasins devraient être occupés à terme par des légionnaires étrangers. En parallèle, un système Mission Control est lancé — une analyse de l'efficacité des unités selon plus de 160 indicateurs. Le gouvernement promet de lancer un mécanisme de libération progressive des militaires les plus expérimentés d'ici la fin de 2026.

Ce que la réforme ne résout pas : le vide juridique après le contrat

L'histoire la plus préoccupante reste absente des briefings officiels. Selon la procédure actuelle, après la résiliation du contrat, l'étranger perd les fondements juridiques pour rester en Ukraine — en particulier si le contrat était la seule raison de son entrée. Dans le pire des scénarios, cela signifie un centre de rétention pour étrangers ou une déportation.

À partir de mai 2026, de nouvelles règles sont entrées en vigueur : le militaire étranger reçoit un permis de résidence temporaire pour toute la durée du contrat plus six mois après son expiration ou sa résiliation prématurée. Les obligations bureaucratiques concernant l'enregistrement du lieu de résidence ont été supprimées. Mais les juristes qui travaillent avec les volontaires constatent autre chose : la législation reste fragmentaire, permet de multiples interprétations et contient des lacunes qui ne disparaîtront pas avec un seul décret gouvernemental.

  • Contrat — trois ans, renouvelé automatiquement ; résiliation prématurée à la demande — seulement après six mois de service et non pendant un déploiement de combat actif
  • Après une blessure et la résiliation du contrat, le volontaire se retrouve souvent sans livret militaire — le seul document confirmant son statut
  • Les nouvelles règles donnent six mois pour l'adaptation ou un départ en toute sécurité, mais le mécanisme de leur application en pratique n'a pas encore été testé

La réforme pose correctement le diagnostic — le fossé informatif entre les attentes du volontaire et la réalité du service. Mais le recrutement basé sur le marché résout le problème de la sélection, non le problème de la sortie. Les entreprises privées sont intéressées à amener une personne aux Forces armées, non à l'accompagner après une blessure à travers les corridors migratoires.

Si le gouvernement ne crée pas d'ici la fin de 2025 un mécanisme unique et transparent du statut juridique des étrangers après la fin du contrat — les nouvelles règles de recrutement risquent de reproduire l'ancien scénario : les gens arriveront, puis disparaîtront des radars de l'État au moment où ils sont les plus vulnérables.

Actualités mondiales