En bref
Des unités ukrainiennes de systèmes sans pilote ont publié une vidéo des exercices Hedgehog‑2025 en mai en Estonie, où a été simulée la neutralisation d'un « groupement de l'OTAN ». Le matériel est accompagné de déclarations des 412 Nemesis et 427 Rarog sur l'emploi réussi de « bombers » et de drones FPV. Parallèlement, le The Wall Street Journal évoquait des vulnérabilités tactiques de l'Alliance révélées durant ces mêmes exercices. Ce n'est pas un simple reportage — c'est un signal d'évolution des approches dans le combat contemporain.
Ce qui s'est passé
Contexte : les exercices Hedgehog‑2025 se sont déroulés en mai en Estonie avec la participation de plus de 16 000 militaires de 12 pays. Les entraînements ont mobilisé des spécialistes ukrainiens des drones — les équipages Nemesis et Rarog, des opérateurs FPV de la Légion internationale du GUR et des représentants du système numérique DELTA. Dans la vidéo publiée, on montre la neutralisation simulée de matériels et d'un poste de commandement d'un « groupement de l'OTAN ».
Ce que disent les participants et les experts
« Les technologies ont radicalement transformé et continuent de transformer le champ de bataille. Les unités ukrainiennes partagent volontiers l'expérience acquise lors de la guerre des drones avec leurs partenaires occidentaux... »
— publication des 412 Nemesis et 427 Rarog, brigades des forces de systèmes sans pilote des Forces armées ukrainiennes
« Les résultats ont été désastreux pour les alliés — selon l'un des coordinateurs, les actions ukrainiennes lors des exercices ont fait en sorte que deux bataillons ne pouvaient pratiquement plus poursuivre leurs missions »
— Aivar Ganniotti, coordinateur des systèmes d'aéronefs sans pilote de la Ligue de défense estonienne (cité par WSJ)
Le WSJ rapporte également les avis de plusieurs officiers, qui ont constaté : les enseignements mettent en évidence de sérieuses vulnérabilités tactiques face à des vagues massives de drones.
Pourquoi c'est important pour l'Ukraine et pour l'OTAN
Première conclusion — les drones continuent d'abaisser le seuil d'efficacité asymétrique : un groupe relativement réduit d'opérateurs peut créer une supériorité locale qui modifie la donne opérationnelle. Pour l'Ukraine, c'est la confirmation de l'efficacité des pratiques développées dans les combats du Donbass et dans le sud.
Deuxième — pour l'OTAN, c'est un appel à l'adaptation : il faut rapidement actualiser les tactiques, la formation et les moyens de contre‑drones. La prévention des pertes dans un combat de haute intensité dépend désormais non seulement de l'équipement, mais aussi de l'intégration en temps utile des leçons du terrain dans les programmes de formation.
Ce que cela apporte à l'Ukraine
La démonstration d'efficacité fournit un argument tangible — utile dans les négociations sur des entraînements conjoints, le transfert de systèmes de guerre électronique et le financement de la formation. Cela renforce aussi la thèse du président Zelensky à la conférence de Munich sur la haute capacité de combat des forces ukrainiennes : de tels cas renforcent les demandes d'une coopération plus étroite avec l'Alliance.
Conclusion et prévision
La vidéo des Nemesis et Rarog n'est pas qu'un matériau de communication : c'est un cas pratique qui encourage trois actions : une adaptation plus rapide des tactiques au sein de l'OTAN, une augmentation des investissements dans les systèmes anti‑drones et un approfondissement de l'intégration des formations avec des spécialistes ukrainiens. La balle est maintenant dans le camp des partenaires : vont‑ils transformer les leçons du terrain en changements systémiques dans les entraînements et les achats ?