Zelensky : Washington ne voit qu'un seul moyen d'arrêter Poutine — et il coûte des territoires à l'Ukraine

Le président a déclaré que les États-Unis feraient pression sur Kiev pour le retrait des troupes après la clôture du dossier iranien. Pourquoi la formule « paix par concessions » est dangereuse — et qui en paie le prix.

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Володимир Зеленський (Фото: ОП)

Il y a trente-trois ans, le mémorandum de Budapest promettait la sécurité à l'Ukraine en échange du désarmement nucléaire. Aujourd'hui, selon le président Zelensky, Washington propose un autre échange : la paix — en échange de territoires ukrainiens.

Dans une interview à Axios, Zelensky a dévoilé sans détour la mécanique de la pression américaine : l'administration Trump veut effectivement arrêter la guerre, mais «ne voit qu'une seule façon de le faire» — le retrait des forces ukrainiennes des territoires ukrainiens occupés par la Russie. Le président est persuadé qu'une fois que les États-Unis auront clos le dossier iranien, la pression sur Kyiv reprendra avec une nouvelle intensité.

«Pourquoi devrions-nous payer pour cela ? Nous ne sommes pas les agresseurs», a déclaré Zelensky. Selon lui, le problème ne se limite pas à l'exigence elle‑même, mais au fait que «personne n'évalue réellement le danger que représente une telle décision pour notre sécurité».

Il est important ici de distinguer deux conflits différents, que l'on confond souvent en une seule phrase. Le premier porte sur qui est l'agresseur. Le second porte sur la décision qui est pragmatiquement efficace pour arrêter les hostilités. Les États-Unis, semble-t-il, ont répondu à la première question de la même manière que Kyiv, mais sont immédiatement passés à la seconde — sans expliquer comment le retrait des forces ukrainiennes de leur propre sol arrêterait Poutine, plutôt que de le récompenser.

C'est justement cette faille logique qui inquiète le plus Zelensky. Si la concession devient un instrument de paix sans aucune garantie de sécurité en sortie, la prochaine pression n'est qu'une question de temps et de prétexte.

La question qui reste ouverte : si Washington considère réellement le retrait des troupes comme le seul moyen d'arrêter Poutine — est‑il prêt à expliquer publiquement ce qui empêchera la Russie de passer au pas suivant une fois que Kyiv se sera retiré ?

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