Les lanceurs du complexe de missiles « Neptune » ont reçu un nouveau rôle : ils serviront à lancer les drones-missiles Areion avec une portée pouvant atteindre 600 kilomètres. La décision est pragmatique — au lieu de construire une infrastructure distincte pour la nouvelle arme, les ingénieurs ont adapté les complexes déjà déployés.
« Neptune » est avant tout connu comme une arme anti-navire — c'est avec elle que le croiseur « Moskva » a été frappé en avril 2022. Areion est un outil fondamentalement différent : un drone de combat de type kamikaze avec une grande portée, fonctionnant selon la logique d'une missile de croisière. L'utilisation des mêmes lanceurs pour les deux systèmes signifie qu'un même équipage pourrait potentiellement basculer entre une cible en mer et un objet terrestre au cœur du territoire ennemi.
L'unification des plateformes de lancement est une pratique standard dans la logique moderne de l'armement. Les États-Unis le font avec les lanceurs verticaux Mk 41, qui « tirent » à la fois des missiles de défense aérienne et des missiles de croisière Tomahawk. Pour l'Ukraine, c'est particulièrement pertinent : chaque unité d'infrastructure distincte représente une cible potentielle et des dépenses logistiques supplémentaires.
Cependant, les détails publiquement connus sur les caractéristiques de combat d'Areion — précision, type de charge utile, résistance à la guerre électronique — restent pour l'instant minimes. La portée de 600 km est un chiffre annoncé, qu'il n'est actuellement pas possible de vérifier publiquement dans des conditions réelles.
Si Areion atteint réellement les paramètres annoncés lors de son utilisation au combat, tout le réseau de « Neptune » déjà déployés se transformerait en points de lancement potentiels au cœur de la Russie — mais la production en série sera-t-elle suffisante pour que cette possibilité devienne une menace réelle plutôt qu'une simple présentation ?