Quatre hélicoptères d'attaque français EC-665 Tiger ont été déployés aux Émirats arabes unis à la fin du mois de mars 2026 dans le cadre de l'opération Epic Fury — une opération américaine contre l'Iran qui a commencé le 28 février. Le 31 mars, le chef d'état-major de l'armée de terre française, le général Pierre Schill, a reconnu dans une interview au Monde : les machines sont dans la région, mais il n'y a pas encore de destructions — les hélicoptères sont souvent inaptes au vol en raison de problèmes techniques. Moins d'une semaine plus tard, la situation a changé.
Le 9 avril, lors d'une audition parlementaire, le général Fabien Mandon a confirmé : Tiger a détruit pour la première fois des cibles aériennes au combat. Pour intercepter les drones kamikazes iraniens Shahed, on a utilisé le canon de 30 mm embarqué — le Nexter 30M781, capable de tirer à une cadence allant jusqu'à 720 coups par minute.
«Nous utilisons Tiger contre les drones sans pilote au Moyen-Orient. Le canon est le meilleur outil : réaction rapide et coût d'interception bien inférieur».
Général Pierre Schill, chef d'état-major de l'armée de terre française, Le Monde, 30 mars 2026
Pourquoi un canon et non une roquette
Auparavant, la France abattait les drones iraniens principalement avec des roquettes MICA lancées par des chasseurs Rafale. Selon le journal La Tribune, l'aviation française a dépensé plus de 80 roquettes MICA — chacune coûte environ 700 000 euros. Le Shahed coûte environ 20 dollars. La ministre de la Défense Catherine Vautrin a publiquement soulevé la question de la proportionnalité d'une telle approche.
En parallèle, la France a réarmé les hélicoptères Fennec et Caracal de mitrailleuses FN Minimi et M3M — pour disposer d'une solution moins coûteuse pour l'interception rapprochée. Tiger s'inscrit dans la même logique : un canon au lieu d'une roquette contre une cible de 20 dollars.
Contexte tactique : avantages et limitations
Les hélicoptères d'attaque ont un avantage structurel par rapport aux chasseurs dans le rôle d'intercepteur de drones : ils se déplacent à peu près à la même vitesse que le Shahed — ce qui offre plusieurs occasions de tirer. Un avion réactif traverse la zone de destruction trop rapidement.
- Canon Tiger : Nexter 30M781, 30×113 mm, 720 coups/min, munitions — 450 obus (contre 1 200 sur l'Apache M230).
- Vitesse : Tiger — jusqu'à 290 km/h, Shahed-136 — environ 185 km/h ; il y a une marge.
- Capteurs : Tiger est inférieur à l'Apache en matière de portée de détection et de qualité de la caméra thermique — un facteur critique pour les interceptions nocturnes.
- Fiabilité : le taux de disponibilité opérationnelle du Tiger chez les opérateurs est systématiquement inférieur à 50% — c'est précisément ce que Schill a reconnu le 31 mars lorsqu'il a expliqué l'absence de résultats.
Les opérateurs Apache — États-Unis, Israël, Émirats arabes unis — mènent des interceptions de Shahed depuis février 2026. Selon Aviationist, les Émirats arabes unis ont documenté la destruction de huit drones iraniens en une seule sortie de combat. Tiger a fait la même chose plus tard et avec des capacités techniques embarquées inférieures.
Ce que cela signifie pour l'Ukraine
L'Australie retire déjà ses Tiger du service avant la fin prévue — au profit de l'AH-64E Apache. En décembre 2025, The Aviationist a rapporté que l'Australie envisageait de transférer des Tiger à l'Ukraine : 22 machines, un soutien plus proche de l'Europe qu'à Canberra, et une expérience d'utilisation contre les drones — plus hypothétique désormais.
Si l'armée française publie le nombre de destructions confirmées et les taux de fiabilité du Tiger dans les conditions de l'opération du Golfe, ce sera le premier vrai protocole de test de la plateforme dans le rôle de lutte anti-drones — et un argument pour ou contre son transfert à l'Ukraine.