La startup parisienne Aiffin a levé 3,125 millions d'euros — 625 000 euros de capital-actions auprès d'investisseurs business angels et de contributeurs au financement participatif de neuf pays, plus 2,5 millions d'euros de financement par emprunt adossé à des contrats de location-financement. L'évaluation de l'entreprise s'élève à 30 millions d'euros.
Qui et pourquoi
L'entreprise a été cofondée par Sergiy Vaskov, un entrepreneur ukrainien, et Halil Aram, un manager français du secteur automobile. Leur objectif : un marché que les sociétés de location-financement traditionnelles ignorent systématiquement — les chauffeurs VTC, les coursiers, les artisans, les agriculteurs, les petites entreprises de transport.
La France compte plus de 4,4 millions de micro-entrepreneurs. La plupart d'entre eux disposent d'un revenu stable, mais ne peuvent pas passer un scoring standard : les modèles d'évaluation bancaires sont toujours orientés vers les salariés ayant un long historique de crédit et des rapports financiers annuels.
« Le problème n'est pas de savoir s'ils peuvent rembourser la dette. Le problème, c'est que la souscription traditionnelle n'a pas été créée pour eux ».
Sergiy Vaskov, cofondateur d'Aiffin
Qu'y a-t-il à l'intérieur : OrbitScore à la place du dossier bancaire
Le produit clé d'Aiffin est son propre moteur IA OrbitScore, qui analyse les données d'open banking, les flux de trésorerie, l'activité commerciale et les signaux comportementaux au lieu d'un historique de crédit standard. L'entreprise affirme que les décisions de location-financement sont rendues en moins de cinq minutes — contre plusieurs semaines chez les acteurs traditionnels.
Le modèle est entièrement numérique : de la demande à la signature du contrat. Aiffin propose également une intégration par API pour les concessionnaires automobiles — pour que le financement devienne une « couche invisible » directement sur le site du vendeur.
« Nous construisons une infrastructure. Nous voulons que le financement devienne une couche invisible, intégrée là où les entrepreneurs achètent des voitures et des équipements ».
Halil Aram, cofondateur d'Aiffin
Ce qui existe déjà
- Portefeuille de contrats de location-financement — environ 3,2 millions d'euros
- Plus de 250 demandes par mois
- Partenariats avec des concessionnaires automobiles, des courtiers et des écosystèmes mobiles dans toute la France
- Plus de 50 investisseurs de 9 pays dans la campagne de financement participatif
Les fonds levés seront destinés au développement de la plateforme et à l'augmentation du portefeuille de location-financement. L'entreprise se concentre d'abord sur la France, bien que le modèle soit théoriquement transférable à tout marché présentant une structure d'emploi similaire.
La vraie question ici n'est pas la technologie — OrbitScore pourrait être meilleur que le scoring bancaire, ou non : il n'y a pas encore de données publiques sur le taux de défaut du portefeuille d'Aiffin. Si l'entreprise publie ce chiffre après le prochain tour de financement, il sera clair si l'évaluation de 30 millions d'euros est réaliste ou s'il s'agit d'un pari sur le potentiel du marché sans qualité de crédit confirmée.