FP-7 — d'ici la fin de l'année, FP-9 — à quelques kilomètres de Moscou d'ici la fin de l'année : où en sont les missiles balistiques ukrainiens

La société Fire Point a achevé les premiers essais en vol du FP-7 et se rapproche des tests de lancement du FP-9 avec une portée de 855 km. Mais entre « vole » et « frappe » — il y a une route bureaucratique que l'État tente déjà de raccourcir.

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Le 27 février 2026, la société Fire Point a mené les premiers essais en vol d'une roquette balistique FP-7. La portée est d'environ 200 km, la masse de la charge utile est jusqu'à 150 kg. Structurellement, il s'agit d'une adaptation du missile soviétique 48N6 avec de l'électronique, du carburant et un boîtier modernisés. Denis Shtilerman lui-même, concepteur en chef et cofondateur de l'entreprise, a appelé FP-7 un « clone » du modèle soviétique — du moins en termes d'aérodynamique.

Les essais ne sont pas encore une arme. Pour que FP-7 entre en service dans les Forces armées, elle doit passer une certification et une codification au ministère de la Défense : sans un code OTAN attribué, l'armée ne peut pas officiellement accepter l'équipement au bilan, l'acheter ou le comptabiliser. Fire Point prévoit de terminer cette procédure pour FP-7 d'ici la fin 2025–2026 — et ce n'est qu'alors que commencera la livraison en série.

Parallèlement — un enjeu plus important

Tandis que FP-7 suit la route bureaucratique, l'entreprise se dirige déjà vers une classe d'armes fondamentalement différente. FP-9 est un missile balistique avec une portée annoncée de 855 km et une charge utile allant jusqu'à 800 kg. Si ces chiffres se confirment en pratique, le missile couvre Moscou et Saint-Pétersbourg.

Pour l'instant, FP-9 achève les essais terrestres du moteur à propergol solide — l'unique composant qui, selon Shtilerman, reste non préparé. Les essais en vol sur le terrain sont attendus à l'automne 2026, comme l'a rapporté Reuters en se référant au concepteur lui-même. Pour une application en série, Shtilerman a nommé un tir minimal de 20 à 30 roquettes simultanément — c'est de cette manière, selon ses dires, qu'on peut surmonter le système de défense aérienne russe.

« C'est difficile pour eux d'intercepter ces roquettes. C'est compliqué en général — même pour les systèmes de type Patriot ».

Denis Shtilerman, cofondateur de Fire Point, dans une interview pour le magazine « GORDON »

Codification : un goulot d'étranglement sur la route vers le front

La procédure d'approbation des armes pour l'exploitation est une dimension distincte. En mars 2026, le ministère de la Défense a réformé le système de codification : les fabricants approuvent désormais eux-mêmes les spécifications techniques, et la duplication des tests de démonstration a été éliminée. Pour les drones et les moyens de guerre électronique de niveau tactique, un certificat de qualité du fabricant suffit — le contrôle d'État ne s'applique pas.

Mais les missiles balistiques ne sont pas des drones. Ils ne relèvent pas du régime simplifié, et le cycle complet des essais typiques reste obligatoire. Les experts familiarisés avec la procédure notent que même après la soumission du dossier, le processus s'accompagne d'approbations supplémentaires, ce qui en pratique prolonge les délais.

Selon le ministère de la Défense, au cours de 2024, plus de 1 300 modèles d'armes et d'équipements militaires ont été codifiés, dont environ 75 % sont de nouveaux développements nationaux. Cela montre que le système avance — mais la balistique n'a pas encore apparue dans cette liste.

Troisième vecteur : FP-7 devient intercepteur

Parallèlement à la version d'attaque, Fire Point développe sur la base de FP-7 un missile de défense aérienne FP-7.x pour le complexe anti-balistique FREYJA. L'intercepteur accélère jusqu'à 1 500–2 000 m/s, mesure 7,25 m de long et, selon les développeurs, coûte environ 700 000 dollars contre 3,8 millions de dollars pour un missile PAC-3. La production en série de FP-7.x pourrait commencer en août 2026 — à condition que l'entreprise allemande Diehl Defence fournisse un chercheur infrarouge.

Les Forces aériennes des Forces armées, informées des résultats des essais, ont confirmé leur intérêt pour l'achèvement le plus rapide du développement. La fin du cycle d'essais complet est prévue pour la fin 2026, après quoi le missile passe aux essais d'État.

La conclusion est simple : l'Ukraine dispose de sa propre balistique, qui vole déjà. La question n'est pas la technologie — la question est de savoir si les délais annoncés de codification du FP-7 seront respectés et si le moteur FP-9 confirmera ses caractéristiques lors des tests sur le terrain à l'automne. Si les deux points convergent — d'ici la fin 2026, les Forces armées recevront leur propre potentiel balistique d'attaque pour la première fois au cours des années de guerre.

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