12 tonnes de Lavazza en provenance de l'UE : pas de contrefaçon, mais du vol — et c'est une différence substantielle

Les douaniers de Kiev ont saisi un lot de café Lavazza authentique volé dans l'Union européenne en transit vers la Slovaquie. Le schéma est plus simple que la production clandestine, et c'est précisément ce qui le rend plus difficile à détecter.

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Фото: Державна митна служба України / Telegram

Quand on parle de café illégal en Ukraine, on pense généralement aux ateliers clandestins près de Kiev, où dans des locaux de stockage on torréfie des grains et on colle de fausses étiquettes Lavazza. Mais cette affaire est différente.

Ce qui s'est passé

La douane de Kiev a arrêté un chargement que l'entreprise avait déclaré comme 8,6 tonnes de café naturel torréfié d'une valeur de 77 700 euros. Lors de l'inspection, on a découvert 12,2 tonnes — 3,6 tonnes de plus. La valeur totale du lot est d'environ 12,8 millions de hryvnias.

Il n'y avait pas de contrefaçons. Sur chaque palette — marquage d'usine Lavazza avec numéro de commande et codes d'identification uniques des emballages de transport. Ce sont précisément ces codes qui ont constitué la preuve : lorsque les douaniers se sont adressés au fabricant, Lavazza a confirmé — le lot avait été volé sur le territoire de l'UE lors du transport vers la Slovaquie.

Le lot a été saisi. Une coopération internationale est en cours pour identifier les personnes impliquées dans le vol de marchandises sur le territoire de l'UE.

Service d'État des douanes d'Ukraine

Pourquoi le « volé » est pire que le « contrefait »

À première vue — un paradoxe. Du vrai café, pas une contrefaçon, la qualité ne fait aucun doute. Mais le schéma avec une marchandise authentique a sa propre logique :

  • Aucuns frais de production — seulement le transport et les documents.
  • La marchandise passe tous les tests de qualité — elle est véritablement authentique.
  • Le seul point faible — les numéros de série, si le fabricant en tient un registre et est prêt à coopérer avec la douane.

Pour comparaison : le marché souterrain du café en Ukraine, selon les estimations des acteurs de l'industrie, représente 35–40 % de la consommation totale. La part du lion — c'est la contrefaçon de fabrication locale ou la sous-évaluation douanière. L'original volé — une catégorie moins courante, mais beaucoup plus difficile à retracer.

Contexte : le café comme cible des criminels des transports

Selon Munich Re, les produits alimentaires et les boissons figurent régulièrement en tête de liste des cargaisons les plus fréquemment volées en Europe — 10 % de tous les incidents enregistrés. Le café figure dans la catégorie à risque en raison de sa compacité, de sa grande liquidité et de la relative facilité de sa vente par le petit commerce de détail.

Selon Tive, les groupes criminels organisés dans la région EMEA utilisent de plus en plus souvent des initiés dans les chaînes logistiques et suivent les mouvements de cargaison en temps réel — donc le vol du lot Lavazza quelque part entre l'usine et la Slovaquie ne semble pas être un crime aléatoire.

Et après

Le Service d'État des douanes souligne la « coopération internationale », mais ne nomme ni le pays d'expédition, ni l'itinéraire spécifique, ni si des suspects ont été identifiés du côté de l'UE. Le lot a été saisi — mais la question de savoir qui a organisé le vol et comment la cargaison s'est retrouvée dans le schéma d'un importateur ukrainien reste publiquement sans réponse.

Si le côté ukrainien dispose vraiment des numéros de série et que Lavazza a confirmé le fait du vol, alors les forces de l'ordre européennes ont déjà un objet d'enquête. Que cette affaire devienne le premier jugement public dans la chaîne « vol de cargaison dans l'UE → revente en Ukraine » dépend de la question de savoir si l'une des deux parties voudra la mener jusqu'à un procès, plutôt que de s'arrêter à la saisie.

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