Le Conseil des ministres a alloué 3,5 milliards de hryvnias à la restauration d'urgence des sections les plus endommagées des routes automobiles locales. Le financement prévoit un modèle de cofinancement — c'est-à-dire que les communautés ou les budgets locaux doivent mobiliser une partie des fonds.
Les routes locales sont une infrastructure utilisée quotidiennement par des millions de personnes : les accès aux villages, les routes régionales, les routes menant aux hôpitaux et aux écoles. Au cours des années de guerre, une grande partie d'entre elles se sont soit dégradées faute d'entretien, soit ont subi des dommages directs causés par les bombardements et les équipements militaires.
Le principe du cofinancement est théoriquement avantageux : il oblige les autorités locales à prioriser les sections plutôt que de recevoir des fonds sans responsabilité. En pratique, les communautés disposant de potentiels budgétaires différents ont un accès inégal au programme. Une communauté plus riche trouvera rapidement sa part, tandis qu'une communauté plus pauvre attendra ou sera complètement exclue de la file d'attente.
Une autre question se pose : la sélection des « sections les plus critiques ». Un registre public des priorités avec justifications techniques n'a pas encore été publié. Sans cela, la décision concernant la route critique et celle qui ne l'est pas reste du ressort discrétionnaire de l'administration.
3,5 milliards n'est pas une somme négligeable, mais elle n'est pas suffisante pour résoudre systématiquement le problème des routes locales, dont l'état se détériore plus rapidement qu'il ne se restaure. Le programme semble être une intervention ponctuelle plutôt qu'une réforme structurelle du financement du secteur routier.
La question clé qui déterminera la valeur réelle de cette décision est la suivante : la liste des objets sélectionnés avec les critères de sélection sera-t-elle rendue publique avant la signature des contrats d'entreprise, et non après ?