Le 15 avril, Orest Mandziy a commencé ses fonctions de chef du Service des douanes d'État. Roman Yermolichev, premier adjoint au ministre des Finances, a présenté le nouveau dirigeant à l'équipe. Pour le service des douanes, c'est un détail symbolique : la dernière fois qu'un directeur permanent (et non intérimaire) était en poste remonte à novembre 2021.
Un homme en dehors du système
Mandziy est détective, pas douanier. De 2017 à 2026, il a travaillé au NABU : d'abord, il a mené des affaires de corruption à la quatrième division, puis a dirigé la sixième division des détectives. Sous sa direction, le schéma de la douane de Tchernivtsi a été liquidé — la sous-évaluation de la valeur douanière a coûté au budget plus de 290 millions de hryvnias. C'est probablement la ligne la plus concrète de son CV concernant son nouveau poste.
Au stade final du concours, Mandziy a affronté un collègue du NABU, Ruslan Damentzov — tous deux ont obtenu quatre voix de la commission. Cela signifie que le département a été dirigé par l'un des deux « hommes du NABU » possibles. Certains experts ont réagi avec scepticisme : si les deux finalistes proviennent d'un même bureau, s'agit-il d'une véritable concurrence ou seulement de sa forme ?
Ce que disent les chiffres
Le contexte de la nomination ne relève pas de la cérémonie, mais des chiffres. Selon Danilo Getmantsev, président du comité budgétaire du Conseil, en raison du fonctionnement inefficace du service des douanes, le budget de l'État perd entre 100 et 120 milliards de hryvnias par an. Les analystes évaluent les pertes dues à la contrebande et aux importations « grises » en 2024 à 120–185 milliards de hryvnias. En août 2024, dans un sondage sur les organes gouvernementaux les plus corrompus, le service des douanes a occupé la première place avec un résultat de 51 %.
La nomination d'un directeur permanent du Service des douanes d'État n'est pas qu'une question de personnel. Comme l'a rapporté Mind.ua, elle figurait parmi les jalons structurels du programme de crédit du FMI, qui devaient être atteints d'ici la fin juin 2025. Le gouvernement n'a lancé le concours qu'en août 2025 — avec un retard de près d'un an.
Des priorités sans mécanisme
« L'un des principaux objectifs du travail du service des douanes sera sans aucun doute le renforcement de l'intégrité »
— Orest Mandziy, chef du Service des douanes d'État, 15 avril
L'intégrité est le bon mot. Mais la loi sur le redémarrage du service des douanes, adoptée par le Conseil en septembre 2024, prévoit des instruments concrets : rotation des postes, vérifications d'intégrité, contrôle du mode de vie, détecteur de mensonges. La question ne concerne pas les intentions du nouveau chef — la question est de savoir si ces normes seront appliquées aux douaniers actuels, et non seulement aux nouveaux nommés.
Zaxit.net formule directement l'essence du dilemme : le service des douanes est l'un des organes gouvernementaux les plus corrompus, où les schémas sont construits horizontalement entre les entreprises, les forces de l'ordre et les tribunaux. La réforme d'un seul département sans changements dans les maillons connexes de la chaîne — c'est lutter contre le symptôme, non contre la maladie.
Mandziy a été nommé pour cinq ans. La première ministre Yulia Svyrydenko attend de lui « la formation d'un système douanier moderne, transparent et efficace ». C'est un cadre standard pour toute nomination. Ce qui sera non standard, c'est le résultat — si dans un an les revenus douaniers augmentent, plutôt que de simplement changer les visages aux postes de direction.
Le premier véritable test concerne les décisions relatives au personnel au sein du service : les divisions où des schémas ont été constatés pendant des années subiront-elles une rotation, ou le changement ne s'opérera-t-il qu'aux échelons supérieurs ?