L'Agence de développement régional de la région de Kyiv a signé un mémorandum avec Aydem Holding — l'un des plus grands groupes énergétiques de Turquie, qui possède des centrales hydroélectriques, éoliennes, solaires, géothermiques et thermiques. Sur le papier, il s'agit d'un projet de production d'énergies renouvelables d'une capacité pouvant atteindre 100 MW. En réalité, pour le moment, il s'agit seulement de l'intention d'en discuter.
Ce qui a réellement été signé
Un mémorandum de coopération (MoU) n'est pas un accord d'investissement, pas un contrat de location de terre et pas un contrat de connexion au réseau. C'est un document attestant la volonté des parties à avancer : convenir du cadre de l'interaction, échanger des informations, rechercher conjointement des solutions. Juridiquement, il ne crée aucune obligation de financer ou de construire ne serait-ce qu'un mégawatt de capacité.
Le directeur de l'agence, Nazarii Volianski, a formulé l'objectif du document comme suit :
« Notre objectif est de faire de la région de Kyiv l'une des régions les plus attrayantes pour les investisseurs internationaux, où les projets d'investissement à grande échelle sont réalisés rapidement, de manière transparente et efficace ».
C'est une déclaration d'intentions des autorités régionales, et non une garantie de la part de l'investisseur. Aydem n'a pas encore annoncé de montants spécifiques, de délais ou de technologies — solaire, éolien ou centrale hybride.
Le mécanisme censé transformer le papier en centrale
L'Agence de développement régional décrit son rôle comme un accompagnement « clé en main » : recherche d'une parcelle de terrain, communication avec les collectivités, coordination avec les autorités et soutien conjoint avec l'établissement public UkraineInvest. C'est déjà plus concret qu'un simple mémorandum, mais chacun de ces points est un processus distinct avec ses propres risques.
- Terre. La parcelle doit être convenue avec la communauté territoriale, qui a le droit de refuser ou de fixer des conditions — des compensations à la modification de l'affectation des terres.
- Réseau. Pour 100 MW, il faut une capacité de connexion disponible au réseau électrique, et en Ukraine, justement, c'est le manque de capacités réseau et les files d'attente de connexion qui freinent la production « verte » depuis des années, plus que le manque d'investisseurs.
- Financement. Le mémorandum ne contient pas de modèle financier — ni le montant des investissements d'Aydem, ni la participation d'institutions financières publiques ou internationales.
- Sécurité. Tout projet de cette envergure en temps de guerre nécessite une décision distincte concernant l'assurance des risques de guerre — sans elle, le financement international ne se matérialise généralement pas.
Deux parties — deux logiques
Pour la région de Kyiv, c'est un élément de concurrence entre les régions pour le capital étranger : un mémorandum signé est un signal public que l'on peut travailler avec la région, et une occasion pour les prochaines négociations avec d'autres investisseurs. Pour Aydem, c'est plutôt une exploration des lieux — une évaluation des risques et des opportunités avant d'investir de vrais capitaux dans un marché en guerre.
Aucune des deux parties n'annonce publiquement ni le montant des investissements ni le délai de lancement de la centrale — et ce n'est pas une coïncidence, mais plutôt une prudence typique au stade où les principaux obstacles n'ont pas encore été franchis : la terre, le réseau et le financement.
Ce qui montrera si c'est un véritable projet
L'historique des mémorandums ukrainiens avec des sociétés énergétiques étrangères ces dernières années montre que la signature est la partie la plus facile du chemin. Il est plus difficile de pousser le projet jusqu'au stade où il existe une parcelle de terrain concrète, un contrat de connexion au réseau signé et un bouquet de financement fermé.
Si au cours des 6 à 12 prochains mois apparaissent des informations sur une parcelle concrète, le montant des investissements et le schéma de financement — le mémorandum se transforme en véritable projet. Si le contexte informationnel se limite à de nouvelles déclarations de « coopération » sans chiffres — cela restera un accord-cadre, dont la région de Kyiv en a déjà signé plus d'un.