Nouvelle Poste a annoncé la fermeture de la première version de son application mobile d'ici la fin de l'année en cours. C'est ce que rapporte Forbes Ukraine en citant les représentants de l'entreprise. Actuellement, plus de 6 millions de clients utilisent la version obsolète — c'est plus que la population du Danemark.
L'entreprise affirme que la nouvelle application offre des fonctionnalités étendues : un suivi de colis plus rapide, une interface mise à jour et une meilleure intégration avec les services de livraison. Cependant, pour une partie importante de l'audience — notamment les personnes ayant un accès Internet lent ou des smartphones plus anciens — la migration forcée vers la nouvelle version pourrait s'avérer être un véritable problème plutôt qu'une mise à niveau technique.
Le vrai conflit ici ne réside pas dans le fait que l'entreprise met à jour son produit. C'est une pratique normale. Le problème, c'est que 6 millions d'utilisateurs n'ont pas d'alternative : ni période de transition claire avec assistance, ni garanties publiques que la nouvelle version fonctionnera correctement sur les appareils bon marché utilisés par une part importante des Ukrainiens — en particulier en temps de guerre.
Nouvelle Poste est le de facto monopoliste du marché de la livraison privée en Ukraine. Quand un tel acteur change les règles du jeu, les clients n'ont pas de véritable pouvoir d'influence — sauf à passer à « Ukrposhta », ce qui pour la plupart ne constitue pas un substitut équivalent en termes de rapidité et de couverture.
La question n'est pas de savoir s'il faut mettre à jour l'application. La question est de savoir si l'entreprise assurera un véritable soutien technique pour les 6 millions d'utilisateurs pendant la transition — ou si elle désactivera simplement l'ancienne version et laissera les gens se débrouiller seuls.