Le transit du pétrole par « Droujba » : MOL prépare les négociations avec Moscou tandis que Kyïv attend des garanties

Le chef du raffineur hongrois MOL, Zsolt Hernádi, se rend en Russie la semaine prochaine. Ce que cela signifie pour l'Ukraine, qui a bloqué le transit en raison des règlements sanctionnés.

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Фото: EPA / ROBERT HEGEDUS

Le transit du pétrole russe par le gazoduc « Droujba » à travers l'Ukraine pourrait reprendre dans les prochaines semaines — si la partie hongroise parvenait à obtenir de Moscou un système de paiement acceptable. C'est ce qu'a annoncé le ministre hongrois de l'Énergie, Chaba Madyar, confirmant que le chef de MOL, Zoltan Hernádi, prévoit une visite personnelle en Russie la semaine prochaine.

L'essence du problème est simple : depuis le début de l'année 2025, l'Ukraine a cessé de laisser passer le pétrole de Loukouïl à travers son système de pipelines, car les paiements de transit transitent par une banque russe frappée de sanctions. « Ukrtransnafta » ne peut physiquement pas accepter le paiement — et n'est légalement pas obligée de prendre des risques pour un importateur hongrois.

MOL, qui raffine ce pétrole dans ses raffineries en Slovaquie et en Hongrie, s'est retrouvé entre deux feux : Kyïv ne cédera pas au périmètre des sanctions, Moscou ne se hâte pas de changer de banque-agent. Hernádi se rend chercher une solution — probablement une route de paiement alternative ou un tiers intermédiaire.

Pour l'Ukraine, il y a ici son propre calcul. Les revenus de transit ne sont pas l'argument principal : selon les tarifs d'avant-guerre, il s'agissait de dizaines de millions de dollars par an, pas d'un poste budgétaire critique. Ce qui importe davantage : tout schéma permettant à Loukouïl de payer en contournant les sanctions crée un précédent de pression sur Kyïv de la part des partenaires de l'UE — en particulier Budapest, qui bloque systématiquement les décisions concernant l'Ukraine à l'Union européenne.

La Slovaquie et la Hongrie classent officiellement la situation comme une crise énergétique et font pression sur la Commission européenne. Le Premier ministre Fico a déjà qualifié la position ukrainienne de « chantage énergétique ». Bruxelles reste pour l'instant en retrait, ne reconnaissant pas une violation des obligations de la part de Kyïv — car formellement, il n'y en a pas : l'Ukraine n'est pas obligée d'organiser le transit par des structures frappées de sanctions.

Le résultat des négociations de Hernádi à Moscou déterminera s'il existe une solution technique acceptable pour toutes les parties. Mais la question clé reste ouverte : Kyïv acceptera-t-il tout schéma qui permettrait effectivement à Loukouïl de continuer à générer des revenus — même si le circuit bancaire change formellement ?

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