Près de la Crimée occupée, dans les eaux de la mer d'Azov, au cours de la nuit du 9 au 10 juillet, les Forces des systèmes sans pilote (FSP) ont mené l'opération la plus importante de la série actuelle contre la logistique maritime russe. Le commandant des FSP, le colonel Robert Brovdi (indicatif d'appel « Madjar »), a confirmé : 13 navires de la flotte fantôme ont été frappés — 10 pétroliers, un cargo sec, un ferry et un remorqueur maritime.
L'État-Major général des Forces armées ukrainiennes a complété ce tableau : au total, au cours de cette nuit, les Forces de défense ont frappé 13 pétroliers, trois cargos secs, un ferry et un navire auxiliaire ennemi — ainsi que la raffinerie de pétrole « Ilsky » dans le territoire de Krasnodar et plusieurs terminaux pétroliers et bases pétrolières dans la région de Rostov.
Qu'est-ce que cette flotte et pourquoi traverse-t-elle la mer d'Azov
Selon Brovdi, tous les pétroliers frappés ont été officiellement identifiés et sont soumis aux sanctions internationales. Ce sont des navires d'un port en lourd d'environ 7 000 tonnes et d'une longueur d'environ 140 mètres, construits entre 2006 et 2012. Ils transportaient du carburant de Taganrog vers la Crimée occupée, où Poutine, fin juin, a lui-même reconnu une pénurie mensuelle de 70 000 tonnes de carburant et promis d'augmenter les approvisionnements maritimes.
« La bataille pour le carburant de la Crimée occupée en mer d'Azov ne date pas d'hier. Mais cette nuit, l'opération aéronavale a atteint un nouveau niveau »
Robert « Madjar » Brovdi, commandant des Forces des systèmes sans pilote des Forces armées ukrainiennes
Une série, non un coup unique
L'opération contre la flotte fantôme a commencé le 6 juillet. La chronologie se présente comme suit :
- 6 juillet — deux pétroliers (« Capitaine Barmine » et « Sanar-4 ») frappés en mer d'Azov lors du transport d'essence
- 7 juillet — 8 pétroliers, un cargo sec et un ferry ; au total pour la journée — 10 navires
- 8-9 juillet — encore 9 pétroliers et une série de frappes contre 53 cibles en Crimée, notamment 6 sous-stations électriques dans le cadre de l'opération « Interrupteur de Crimée off »
- 9 juillet la nuit — 14 navires (12 pétroliers, un cargo sec, un remorqueur)
- 10 juillet la nuit — 18 navires selon les données de l'État-Major
En 96 heures, selon les FSP, 35 unités ont été frappées — pétroliers, cargos secs et engins spécialisés. Les opérations sont menées par les pilotes du détachement « Kairos » de la 414e brigade autonome des FSP « Oiseaux de Madjar », du 413e régiment autonome « Raid » et du 1er centre opérationnel des FSP en coordination avec les Forces navales.
La raffinerie d'Ilsky — 17e coup
Parallèlement aux cibles maritimes, dans la nuit du 9 au 10 juillet, les drones ont frappé la raffinerie de pétrole d'Ilsky dans le territoire de Krasnodar — l'une des plus grandes du sud de la Russie avec une capacité de 6,6 millions de tonnes de pétrole par an. Pour elle, c'est au minimum le 17e coup depuis le début de l'invasion à grande échelle : la raffinerie a à plusieurs reprises arrêté temporairement ses opérations après les attaques précédentes. Des coups ont également été enregistrés contre un terminal portuaire et une base pétrolière à Azov ainsi qu'une usine optico-mécanique dans la région de Rostov.
Le schéma de contournement des sanctions sous le feu
La flotte fantôme se compose de navires qui opèrent en dehors des registres officiels ou sous les pavillons de pays tiers, afin de contourner les sanctions contre les exportations pétrolières russes. L'État-Major souligne la double fonction de ces navires : ils approvisionnent simultanément en carburant les groupements russes et transportent les produits pétroliers à la vente, finançant ainsi les opérations militaires. Les coups contre les navires identifiés et sanctionnés constituent une attaque non seulement contre la logistique, mais aussi contre le circuit financier de la guerre.
Si la Russie ne trouve pas de voie d'approvisionnement alternative protégée de la Crimée d'ici la fin du mois — et le corridor terrestre est également soumis à des tirs constants — la pénurie de carburant sur la péninsule ne sera pas une déclaration de Poutine, mais un facteur mesurable de la capacité de combat du groupement au sud.