En bref
La société d'investissement Dragon Capital a mis à jour ses prévisions macroéconomiques pour 2026–2027 et a envisagé deux scénarios : le scénario de base — la poursuite des hostilités actives, et le scénario alternatif — l'établissement d'un cessez-le-feu stable à la mi‑2026. Cette évaluation est importante non seulement pour les marchés : elle façonne les attentes des donateurs, des investisseurs et du budget de l'État.
Que dit la prévision
« Le scénario de base de Dragon Capital part de l'hypothèse que les combats actifs se poursuivront et que la Russie continuera de détruire les infrastructures critiques de l'Ukraine. »
— Dragon Capital, prévision macroéconomique (27.03.2026)
En chiffres, cela signifie : une croissance du PIB de 1,5 % en 2026 (précédemment prévue à 1 %) et seulement 0,5 % en 2027. Si aucun nouveau coup porté au secteur de l'énergie n'intervient, la croissance de 2026 pourrait bondir jusqu'à 3,5 %. Mais des destructions d'infrastructures plus massives signifieraient une reprise encore plus lente.
Dragon Capital anticipe également une pression sur la monnaie nationale : une dévaluation attendue d'environ 7 % jusqu'à 45,5 UAH/$ en 2026 et encore 5 % jusqu'à 48,0 UAH/$ en 2027. Parallèlement, les rythmes d'inflation devraient se stabiliser, tandis que le déficit commercial extérieur restera à un niveau record.
Scénario alternatif : cessez‑le‑feu et défi démographique
« Après la guerre, seulement 15 % des réfugiés reviendront en Ukraine, soit environ 1 million de personnes, dont environ 0,3 million rejoindront la population active. »
— Dragon Capital, prévision macroéconomique (27.03.2026)
Cela signifie que, même en cas de paix, le principal problème pour l'économie pourrait être un déficit brutal de main‑d'œuvre. Le marché du travail a déjà subi plusieurs chocs — pandémie, migration massive, guerre et développement rapide des technologies numériques et de l'intelligence artificielle. Comme l'a écrit LIGA.net, cela a provoqué un paradoxe : des spécialistes expérimentés se retrouvent de plus en plus souvent en concurrence avec des candidats moins expérimentés ou avec des personnes ayant un minimum d'expérience formelle.
Conséquences pour le pays et les citoyens
Pour l'État : la nécessité de concilier des réparations rapides des infrastructures critiques avec des programmes de retour et d'emploi pour ceux qui reviendront. Pour les entreprises : planifier les investissements en tenant compte du risque de coupures d'électricité régulières ou, à l'inverse, se préparer à une pénurie de main‑d'œuvre et augmenter la productivité par l'automatisation et la formation.
Pour chaque Ukrainien, il s'agit d'une question de sécurité des revenus et des prix : la dévaluation et le fort déficit d'importation influent sur le coût de l'énergie, des carburants et des biens de première nécessité.
Que faire — recette courte
Les analystes recommandent de se concentrer sur trois axes : la protection des infrastructures énergétiques, la réparation accélérée et la modernisation des réseaux, et les investissements dans le capital humain — reconversion, adaptation des programmes éducatifs au marché du travail et incitations au retour des spécialistes.
Conclusion
La prévision de Dragon Capital n'est pas un verdict, mais une feuille de route des risques. Si les partenaires et le secteur privé n'augmentent pas leur soutien à la reconstruction des infrastructures et aux programmes d'emploi, le scénario de base impliquera une reprise plus lente et une plus forte pression sur le taux de change et les prix. La balle est maintenant dans le camp de ceux qui élèvent les budgets et prennent les décisions d'investissement : les déclarations se transformeront‑elles en investissements et en programmes concrets ?