En mai 2026, l'inflation à la consommation en Ukraine a ralenti à 8,2% annuels — après 8,6% en avril. L'augmentation mensuelle des prix s'est établie à 0,9% contre 1,4% le mois précédent. Cela semblait être une tendance positive. Cependant, le service de presse de la NBU a enregistré que les indicateurs réels — tant l'inflation générale que l'inflation de base — ont dépassé la trajectoire de prévision établie dans le rapport d'inflation d'avril 2026.
Les œufs ont baissé, les services non
Le renchérissement saisonnier traditionnel des œufs et des pommes a tempéré l'indicateur général. Mais ce n'est pas le type de prix qui forme un contexte inflationniste durable. En revanche, le sarrasin et l'huile ont augmenté en prix, et le signal le plus inquiétant concerne l'inflation de base.
L'inflation dans le secteur des services en mai s'est établie à 12,8%. Les produits à base de céréales transformées — pain, farine, pâtes — ont augmenté de 16,7% en glissement annuel. Ce sont précisément ces composantes que la NBU considère comme des signes de pression tarifaire fondamentale — celle qui ne s'ajuste pas avec une seule bonne récolte.
« La croissance annualisée moyenne mensuelle des prix des produits alimentaires transformés et des services s'est accélérée à 8,2% et 19,2% respectivement » — comparé à 6,2% et 8,4% au quatrième trimestre 2025.
Rapport d'inflation de la NBU, avril 2026
Pourquoi les prix des services ne s'arrêtent pas
La NBU cite trois raisons structurelles de la pression tarifaire :
- Inflation salariale. La pénurie de travailleurs due à la mobilisation force les entreprises à augmenter les salaires plus vite que prévu — et à répercuter les coûts sur les prix.
- Énergie. Les frappes contre les infrastructures et les frais logistiques de la production supplémentaire créent un fardeau opérationnel constant pour les entreprises du secteur des services.
- Effet de l'affaiblissement de la hryvnia. La composante d'importation dans les services et les produits semi-finis reflète les fluctuations de change précédentes avec un décalage de plusieurs mois.
Quoi ensuite
La NBU prévoit une accélération temporaire de l'inflation à 9,4% d'ici la fin 2026 — et ne s'attend à un retour à une trajectoire baissière qu'en 2027, jusqu'à 6,5%, puis en 2028 — jusqu'à l'objectif cible de 5%. Cela signifie que même selon le scénario optimiste, les consommateurs ukrainiens vivront au-dessus de l'objectif d'inflation pendant au moins deux années supplémentaires.
L'inflation de base — sans carburant ni produits bruts — en mai s'est établie à 7,1%. C'est précisément cet indicateur que la NBU considère comme référence pour les décisions concernant le taux de base.
Si la pression salariale ne s'apaise pas jusqu'à l'automne — et le marché du travail changera difficilement sans changements structurels dans la politique de mobilisation — la NBU sera confrontée à un choix : augmenter le taux dans les conditions d'une économie de guerre ou accepter une inflation qui dépasse régulièrement les prévisions.