Le Bureau national anti-corruption et le Parquet anti-corruption spécialisé ont officiellement terminé l'enquête préalable dans l'affaire de la chef d'une faction de députés à la Rada suprême. Formellement, le nom du suspect ne figure pas dans l'annonce, mais les sources du projet « Schémy » et la chronologie procédurale pointent directement vers la leader de « Batkivchtchyna » Ioulia Timochenko.
Ce que l'enquête a établi
Selon la version du NABU, en décembre 2025 — sur fond d'un scandale déjà public concernant des pots-de-vin à des députés — la suspecte ne s'est pas arrêtée, mais au contraire a lancé des négociations sur un mécanisme systématique de versements. L'idée, selon les documents de l'affaire, n'était pas de simples accords ponctuels, mais des paiements mensuels d'avances aux députés extérieurs à sa faction en échange de votes contrôlés : « pour », « contre », abstention ou absence.
« La suspecte a lancé des négociations avec certains députés concernant l'instauration d'un mécanisme systématique de fourniture d'avantages illégaux en échange d'un comportement loyal lors des votes. »
— Annonce officielle du NABU, 14 janvier 2026
Pour confirmer, le NABU a rendu publics des enregistrements audio où la voix de la suspecte discute d'une somme précise — « une dizaine » — comme paiement mensuel à un député. Parmi les sujets qui figurent dans les enregistrements : les votes pour le départ des fonctionnaires, le blocage des nominations, le soutien à l'inclusion de projets de loi à l'ordre du jour.
Qui a contribué à démasquer le mécanisme
Les sources du NABU ont confirmé à la chaîne « 24 Kanal » que les personnes qui ont volontairement collaboré avec le bureau ont joué un rôle clé dans l'enregistrement des accords. Autrement dit, l'un des députés contactés par la suspecte a accepté une conversation contrôlée — une pratique opérationnelle standard qui fournit au tribunal une preuve directe de la proposition, et non simplement des preuves indirectes.
Où en est l'affaire maintenant
L'achèvement de l'enquête préalable signifie : les enquêteurs sur mandat du procureur ont ouvert les documents aux tiers de la défense pour examen. Après cela, le Parquet anti-corruption spécialisé ou enverra l'acte d'accusation à la Cour anti-corruption supérieure, ou fermera l'enquête — il n'y a pas de troisième option sur le plan procédural.
En parallèle, des litiges se poursuivent autour de la mesure coercitive. Le collège d'appel de la CASK a déjà réexaminé la décision à deux reprises : d'abord a maintenu une caution de plus de 33 millions de hryvnias, puis a partiellement levé la saisie des biens du mari de Timochenko — trois voitures et deux garages — mais a maintenu le gel de ses propres comptes.
- Soupçon : offre de fourniture d'avantages illégaux à des députés
- Mécanisme : paiements mensuels d'avances pour des votes contrôlés
- Preuves : enregistrements audio, collaborateurs-témoins volontaires
- Mesure coercitive : caution ; pas de restriction de quitter le pays
- Statut actuel : examen des documents de l'affaire par la défense
Timochenko conteste systématiquement toutes les accusations et qualifie l'affaire de pression politique, et le NABU et le Parquet anti-corruption spécialisé — d'« organes de persécution politique ». Selon ses dires, elle prépare une plainte auprès de la Cour européenne des droits de l'homme.
La question clé maintenant est la qualité de la base de preuves au procès : si les enregistrements audio ont été obtenus dans le cadre de mesures opérationnelles autorisées et que la défense ne peut pas contester leur authenticité, l'affaire acquiert de réelles perspectives judiciaires. Sinon, le marathon d'appels à la CASK ne commence que maintenant.