Hostomel — ce n'est pas simplement un nom sur la carte de la région de Kyiv. C'est le lieu où, au printemps 2022, se sont déroulés parmi les combats les plus féroces des premières semaines de l'invasion à grande échelle. C'est ici, où les traces de ce qui s'est passé sont encore visibles, que sera présentée la création théâtrale « Ruban jaune ».
Le ruban jaune — un symbole reconnaissable : avec lui on marquait les biens, les maisons, les gens dans les territoires occupés. Pour ceux qui ont traversé l'occupation, ce n'est pas une métaphore théâtrale, mais un détail de leur propre mémoire.
La représentation à Hostomel — une décision consciente de jouer non pas dans un théâtre de la capitale, mais à l'endroit où les événements du spectacle avaient un vrai correspondant géographique. Cela change la nature de la représentation : le spectateur et le personnage peuvent s'avérer être des voisins ou une seule et même personne.
Une telle approche — le théâtre au cœur du traumatisme — pose une question concrète au genre : l'art est-il capable de faire ce qu'un document ou un reportage ne peut pas faire, quand l'audience est assise littéralement au milieu de ce qui se joue sur la scène ?
« Ruban jaune » — une création originale réalisée à partir de témoignages réels de personnes qui ont vécu l'occupation dans la région de Kyiv. Les détails de la représentation sont à préciser par les organisateurs.
La question qui demeure après cette annonce : la représentation à Hostomel sera-t-elle un acte mémoriel unique — ou le début d'une pratique où les créations théâtrales ukrainiennes sur la guerre sortent consciemment des salles théâtrales sûres pour se rendre là où se sont déroulés les événements qu'elles décrivent ?