La Hongrie et la Russie ont signé un plan secret en 12 points — pendant que l'UE imposait des sanctions

En décembre, Budapest et Moscou ont convenu de « changer la dynamique négative du commerce » et d'élargir leur coopération nucléaire, gazière et culturelle. Ce document a été révélé à la veille des élections — et place la Hongrie dans une position juridiquement inconfortable au sein de l'UE.

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Віктор Орбан і Володимир Путін в Москві, 28 листопада 2025 року (Фото: EPA/ALEXANDER NEMENOV)

Le 9 décembre 2024 à Moscou s'est tenue la 16e réunion de la commission intergouvernementale russo-hongroise de coopération économique. Celle-ci a abouti à deux documents qui n'avaient pas été publiés jusqu'alors. Les signataires sont le ministre des Affaires étrangères de la Hongrie Péter Szijjártó et le ministre de la Santé de la Russie Mikhaïl Mourashko. Politico a obtenu ces documents et en a publié le contenu.

Qu'y a-t-il dans les 12 points

L'accord couvre l'énergie, le commerce, l'industrie, la santé, l'agriculture, la construction, la culture et le sport. Dans la section énergétique, la coopération dans le domaine du pétrole, du gaz et du combustible nucléaire est directement stipulée — ainsi que la possibilité pour les entreprises russes de réaliser des projets en Hongrie dans les domaines de l'électricité et de l'hydrogène.

Séparément, l'accord prévoit l'expansion de l'enseignement de la langue russe dans les écoles hongroises, la reconnaissance mutuelle des diplômes et des programmes d'échange de masters. Le plan conjoint dans le domaine du sport s'étend sur 2026-2027.

Détail clé : dans l'un des documents, il est directement indiqué que le rapprochement avec la Russie ne doit pas contredire les obligations de la Hongrie en tant que membre de l'UE. Cette clause n'est pas une garantie, mais un coussin juridique : aucun mécanisme de vérification du respect n'existe dans le texte.

Contexte économique : le commerce baisse — le plan entend le « redresser »

L'un des points fixe une tâche concrète — « inverser la dynamique négative du commerce bilatéral », qui s'était réduit en raison des sanctions de l'UE. Selon le centre analytique Oeconomus, en 2023, la Hongrie a importé $6,19 milliards de marchandises de Russie — et le chiffre a continué à baisser en 2024. Les produits énergétiques représentent 95,2% des importations russes vers le pays.

La Hongrie dépend de la Russie à hauteur d'environ 95% pour l'approvisionnement en gaz et à 77% pour le pétrole — selon les données de GIS Reports. Un tel niveau de dépendance signifie que tout « redynamisation » du commerce signifie en fait une augmentation de l'achat de ressources énergétiques précisément, ce qui contredit directement la stratégie de l'UE visant à abandonner le combustible russe d'ici 2027.

Position de Budapest

« La coopération bilatérale de la Hongrie est guidée par les intérêts nationaux, non par la pression d'une médias libéraux extrêmement partisans. Continuez votre travail partial ! »

— Péter Szijjártó en réponse à la demande de Politico sur les documents

Orbán bloque le renforcement des sanctions contre la Russie au Conseil de l'UE depuis 2022. En novembre 2025, il a obtenu de Trump une exemption personnelle pour la Hongrie des sanctions américaines sur le gaz et le pétrole via TurkStream et « Droujba ».

Temps d'arrêt ou stratégie systémique

Le document est devenu public à la veille des élections législatives, où Orbán a pour la première fois en 16 ans fait face à une réelle concurrence. Le chef de l'opposition Péter Magyar a qualifié l'accord de « trahison » — Orbán a répondu en l'accusant de vouloir entraîner la Hongrie dans la guerre.

Il est significatif que le document ait été signé par le ministre des Affaires étrangères, tandis que du côté russe l'a signé le ministre de la Santé. L'asymétrie des statuts des signataires — atypique pour les accords intergouvernementaux de cette envergure — permet à Budapest d'éviter les questions sur le caractère « officiel » de l'accord en tant que politique étrangère d'un État membre de l'UE.

En décembre 2025, l'UE a contourné le veto hongrois et slovaque et a gelé les actifs russes via l'article 122 TFEU — un instrument de majorité qualifiée au lieu de l'unanimité. C'est le premier précédent de contournement du blocage dans la politique des sanctions. Si Bruxelles applique une approche similaire à l'embargo énergétique, la clause du plan hongrois-russe sur « la conformité aux obligations du membre de l'UE » passera d'une formalité à un véritable conflit juridique.

La Hongrie a reçu $250 millions de droits de transit pour le pompage de 4,7 millions de tonnes de pétrole russe via l'Ukraine en 2024 uniquement — c'est-à-dire qu'elle a financièrement bénéficié de la guerre même dans les conditions de sanctions. Si le plan en 12 points est mis en œuvre et l'UE passe de la parole aux mécanismes de contrainte concernant l'abandon énergétique de la Russie d'ici 2027 — Budapest sera confrontée au choix entre les contrats avec Moscou et l'adhésion au marché commun.

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