L'Iran ferme à nouveau le détroit d'Ormuz — moins d'une journée après son ouverture. Le blocus américain n'a pas disparu

# Traduction Le 17 avril, Téhéran a annoncé l'ouverture du détroit d'Ormuz dans le cadre d'un cessez-le-feu. Le 18 avril, les Gardiens de la révolution islamique (IRGC) ont déclaré avoir « rétabli le contrôle au statut antérieur », en raison de la poursuite du blocus américain des ports iraniens. Trump avait d'ailleurs averti à l'avance : le blocus restera en place tant que l'accord ne sera pas signé.

187
Partager :

En moins d'une journée, le détroit d'Ormuz a été fermé à nouveau. Le 17 avril, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a annoncé que le passage pour les navires commerciaux était « entièrement ouvert » — en lien avec le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah libanais. Le 18 avril, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) a déclaré que le contrôle du détroit « était revenu à son état antérieur » en réponse à la poursuite du blocus américain des ports iraniens.

Ce qui s'est passé entre l'ouverture et la fermeture

L'armistice temporaire entre les États-Unis et l'Iran est entré en vigueur le 17 avril après 49 jours de conflit armé. L'Iran a ouvert le détroit, mais a fixé des conditions : seuls les navires commerciaux, un itinéraire convenu avec l'IRGC le long de la côte iranienne, des cargaisons non originaires de « pays ennemis ». Selon Iran International, ces conditions faisaient partie du plan de médiation pakistanais.

Trump a remercié Téhéran — mais dans le même message sur Truth Social, il a précisé :

« Le blocus maritime restera en vigueur à pleine force contre l'Iran — jusqu'au moment où notre accord avec l'Iran sera exécuté à 100% ».

Donald Trump, Truth Social, 17 avril 2026

La partie iranienne a perçu cela comme la continuation du conflit. Le président du parlement Mohammad-Bakr Qualibaf a écrit sur X : « Si le blocus se poursuit — le détroit d'Ormuz ne restera pas ouvert ». Et il ne l'est pas resté.

Pourquoi le blocus américain est le nœud central du différend

Le blocus américain des ports iraniens a commencé le 13 avril après l'effondrement des négociations à Islamabad, où les délégations de Washington dirigées par Vance et de Téhéran n'ont pu parvenir à un accord. Le CENTCOM a formulé clairement : le blocus s'applique à tous les navires entrant ou quittant les ports iraniens, indépendamment du pavillon. Selon l'amiral Brad Cooper, les forces américaines « ont complètement arrêté le commerce maritime avec l'Iran ». Avant le 17 avril, la Marine américaine avait renvoyé au moins 21 navires.

Téhéran a qualifié le blocus de « piraterie » et de violation du cessez-le-feu. Le problème est que le texte du cessez-le-feu, selon NBC News et AP, ne contenait pas de mécanisme obligeant les États-Unis à lever le blocus comme condition préalable à l'ouverture du détroit — plutôt que comme conséquence de la signature de l'accord final.

Ce qui est en jeu pour le reste du monde

Avant le début du conflit, environ 20% du transport mondial de pétrole maritime et 20% du gaz naturel liquéfié transitaient par le détroit d'Ormuz. Le chef de l'Agence internationale de l'énergie Fatih Birol avait qualifié dès le 16 avril la situation actuelle de « plus grande crise énergétique que nous ayons jamais eue ».

  • La Commission européenne a reçu un avertissement du Conseil international des aéroports : une pénurie de carburant aviation pourrait commencer dès le début mai.
  • Selon l'AIE, 75% des importations de carburant aviation en Europe provenaient du Moyen-Orient via Ormuz — les réserves ne durent « environ six semaines ».
  • Aux États-Unis, le prix moyen de l'essence a atteint 4,11 dollars le gallon, selon l'AAA.
  • Le pétrole brut s'est approché de 100 dollars le baril après l'annonce du blocus américain.

Le président français Macron et le premier ministre britannique Starmer ont tenu un sommet avec les alliés à Paris le 17 avril. Leur plan — créer une mission maritime « neutre » après la fin du conflit, sans participation américaine. Pour l'instant, c'est un scénario pour après, non pour maintenant.

La structure du piège

La situation ressemble à une ambiguïté constructive qui convient aux deux parties dans des sens différents. L'Iran a ouvert le détroit — et a enregistré sa bonne volonté. Le détroit est fermé — et maintient la pression aux négociations. Les États-Unis ont conservé le blocus comme instrument de contrainte vers un accord final, mais il donne à Téhéran une raison de faire marche arrière.

Trump a déclaré à bord d'Air Force One : « Dès que l'accord est signé — le blocus prend fin ». Mais l'accord n'est pas signé pour l'instant, les délais de négociation sont flous, et le cessez-le-feu ne durera que dix jours.

Si d'ici la fin de la semaine les États-Unis et l'Iran ne s'entendent pas sur le fait que la levée du blocus est une condition préalable ou une conséquence de l'accord, un nouveau cycle d'ouverture-fermeture d'Ormuz deviendra presque inévitable — et alors la question des « six semaines de carburant aviation » pour l'Europe se transformera en réalité opérationnelle, plutôt qu'en avertissement de l'AIE.

Actualités mondiales